Pourquoi les femmes devraient investir en bourse

Pourquoi les femmes devraient investir en bourse

Pendant longtemps, préparer sa retraite relevait presque d’un automatisme. On travaillait, on cotisait, puis le système prenait le relais.

Cette idée est devenue beaucoup moins évidente. Et s’il existe un public pour lequel elle mérite d’être remise en question en priorité, ce sont probablement les femmes.

Il ne s’agit pas d’un discours militant. C’est simplement un constat économique.

Les femmes perçoivent, en moyenne, des pensions de retraite nettement inférieures à celles des hommes. Les chiffres varient selon les années, les méthodes de calcul et la prise en compte ou non des pensions de réversion, mais l’écart reste considérable. Il s’explique par de nombreux facteurs qui se cumulent tout au long d’une carrière : interruptions d’activité, temps partiel plus fréquent, différences de rémunération selon les secteurs, charge familiale encore très inégalement répartie ou encore carrières moins linéaires.

Je ne prétends pas expliquer ici toutes les raisons de cet écart. D’autres le font bien mieux que moi.

En revanche, ses conséquences sont beaucoup plus simples à comprendre.

Recevoir plusieurs centaines d’euros de moins chaque mois pendant vingt ou trente ans de retraite change complètement le niveau de vie. Ce n’est plus une question statistique. C’est une question de liberté.

C’est précisément pour cette raison que les femmes ont probablement encore plus intérêt que les hommes à construire elles-mêmes une partie de leurs revenus futurs.

Compter davantage sur son patrimoine que sur sa retraite ?

Lorsqu’on parle de préparer sa retraite, beaucoup pensent immédiatement à l’immobilier.

C’est logique. En France, la pierre occupe une place particulière dans notre rapport au patrimoine. Elle est tangible, rassurante et fait partie de notre culture financière. Mais elle n’est pas la seule solution.

L’investissement en bourse mérite largement sa place dans cette réflexion. Pourtant, il reste encore sous-utilisé, souvent parce qu’il souffre d’une réputation qui ne correspond pas toujours à la réalité.

Pour beaucoup, la bourse évoque surtout les crises, les krachs, les mauvaises décisions ou les pertes spectaculaires.

Ces images existent. Elles sont réelles. Mais elles décrivent surtout la manière dont certains investisseurs utilisent la bourse, pas ce qu’elle est capable d’offrir lorsqu’elle s’inscrit dans une stratégie de long terme.

Il y a une différence importante entre spéculer sur quelques actions parce qu’une vidéo promet un enrichissement rapide, et construire progressivement un portefeuille diversifié destiné à produire des revenus dans vingt ou trente ans.

Ces deux approches utilisent le même outil. Elles n’ont pourtant presque rien en commun.

Le vrai risque n’est pas toujours celui que l’on imagine

Les périodes de baisse font peur parce qu’elles sont visibles. On ouvre son application, le portefeuille affiche du rouge, et l’impression de perdre de l’argent devient immédiate.

À l’inverse, le risque de ne rien faire est beaucoup plus discret.

On ne voit pas les revenus qui manqueront dans vingt ans. On ne voit pas non plus les intérêts composés auxquels on renonce en reportant chaque année ses premiers investissements.

Pourtant, ce sont souvent ces risques invisibles qui coûtent le plus cher.

J’observe régulièrement que les investisseurs qui obtiennent les meilleurs résultats ne sont pas ceux qui essaient de prévoir les prochains mouvements des marchés. Ce sont surtout ceux qui mettent en place une stratégie adaptée à leur situation, puis qui la respectent suffisamment longtemps pour laisser le temps travailler en leur faveur.

Cette discipline compte généralement davantage que la capacité à choisir le placement parfait.

Les premières décisions comptent souvent plus que les montants

Depuis quelques années, je constate une évolution intéressante. Les femmes qui franchissent le pas de l’investissement sont de plus en plus nombreuses.

Elles représentent désormais une part importante des personnes que j’accompagne. Certaines sont salariées, d’autres indépendantes, dirigeantes d’entreprise ou exercent une profession libérale.

Leur point commun n’est pas leur profession, mais leur volonté de reprendre le contrôle de leur avenir financier. Les montants investis sont parfois très différents. Les objectifs aussi.

Certaines souhaitent préparer leur retraite. D’autres veulent disposer d’un complément de revenus plus tard, protéger leur famille ou simplement ne plus dépendre exclusivement des revenus de leur activité.

Finalement, la question n’est presque jamais de savoir combien elles investissent aujourd’hui, mais de savoir si elles commencent suffisamment tôt pour laisser le temps donner de l’ampleur à leurs décisions.

Les femmes sont-elles vraiment de meilleures investisseuses ?

Affirmer que les femmes investissent mieux que les hommes peut sembler provocateur. La réalité est un peu plus subtile.

Tout dépend de ce que l’on entend par « mieux investir ».

Si l’on parle de sélectionner les meilleures actions, d’anticiper les marchés ou de battre régulièrement les indices boursiers, rien ne permet d’affirmer qu’un sexe dispose d’un avantage naturel sur l’autre.

En revanche, si l’on s’intéresse au comportement des investisseurs, plusieurs travaux académiques arrivent depuis longtemps à une conclusion assez cohérente : les femmes commettent, en moyenne, moins d’erreurs comportementales coûteuses.

C’est une différence importante. Car en investissement, les erreurs de comportement détruisent souvent davantage de performance qu’un mauvais choix de placement.

Le principal ennemi de l’investisseur est souvent… lui-même

Une étude devenue célèbre, publiée par Brad Barber et Terrance Odean au début des années 2000, s’est intéressée aux comportements de dizaines de milliers d’investisseurs particuliers.

Le résultat est intéressant. Les hommes réalisaient beaucoup plus de transactions que les femmes. Convaincus de pouvoir anticiper les marchés ou sélectionner les meilleures opportunités, ils achetaient et vendaient plus souvent.

Or cette activité supplémentaire réduisait leur performance.

Les femmes, elles, intervenaient moins fréquemment sur leur portefeuille. Elles conservaient davantage leurs investissements et modifiaient moins souvent leur stratégie.

Ce comportement, qui peut parfois être interprété comme un manque d’audace, s’est finalement révélé plus efficace.

La raison est assez simple. Chaque décision supplémentaire crée une nouvelle possibilité de se tromper :

  • Changer d’ETF au mauvais moment.
  • Vendre après une baisse.
  • Acheter un actif parce qu’il fait parler de lui.
  • Repousser un investissement en attendant « le bon moment ».

À force de vouloir optimiser chaque décision, on finit parfois par dégrader le résultat global.

La discipline produit davantage de performance que l’intelligence

Cela peut sembler contre-intuitif : nous aimons croire que les meilleurs investisseurs sont ceux qui disposent des meilleures analyses, des informations les plus précises ou des modèles les plus sophistiqués.

Bien sûr, ces éléments peuvent avoir leur utilité. Mais ils deviennent secondaires si l’on n’est pas capable d’appliquer sa stratégie pendant plusieurs décennies.

L’investissement est une activité dans laquelle la régularité produit souvent davantage de résultats que le génie.

Un portefeuille performant n’est pas forcément celui qui réalise les meilleurs arbitrages. C’est souvent celui qui évite les pires erreurs.

Cette idée paraît presque décevante. Pourtant, elle est pourtant extrêmement libératrice :

  • Vous n’avez pas besoin de prévoir la prochaine crise.
  • Vous n’avez pas besoin de deviner quelles seront les entreprises les plus performantes dans vingt ans.
  • Vous avez surtout besoin d’éviter les décisions impulsives lorsque tout le monde semble persuadé qu’il faut absolument agir.

Commencer vaut souvent mieux que chercher la perfection

J’observe souvent la même hésitation chez les personnes qui débutent.

Elles veulent d’abord comprendre parfaitement tous les produits financiers. Puis choisir le meilleur courtier. Puis sélectionner le meilleur ETF. Puis attendre une meilleure fenêtre d’entrée.

Quelques mois passent. Puis quelques années. Pendant ce temps, le patrimoine n’avance pas.

À l’inverse, les investisseurs qui progressent le plus ne sont pas toujours ceux qui possèdent les connaissances les plus poussées.

Ce sont souvent ceux qui acceptent qu’aucune décision ne sera parfaite et qui mettent rapidement en place une stratégie suffisamment robuste pour être conservée longtemps.

Chercher à prendre une excellente décision une seule fois est rarement aussi rentable que prendre une bonne décision, puis la répéter pendant vingt ans.

C’est précisément ce que permet une stratégie simple, diversifiée et adaptée à son horizon d’investissement.

Construire un patrimoine, pas seulement un portefeuille

Au fond, cet article ne parle pas seulement des femmes. Il parle de toutes les personnes qui souhaitent réduire leur dépendance à des revenus qu’elles ne maîtrisent pas complètement.

La retraite en fait partie. Mais c’est également vrai pour le salaire, les revenus professionnels ou même certaines prestations sociales.

Investir ne garantit jamais un résultat. En revanche, ne rien construire en dehors de ces revenus revient à accepter qu’une grande partie de son avenir financier dépende de décisions prises par d’autres.

C’est précisément ce que beaucoup d’investisseurs cherchent aujourd’hui à éviter.

Chez Alti Patrimoine, le conseil dépasse largement le choix des placements, que vous soyez un homme ou une femme prêt(e) à investir : construire une stratégie suffisamment simple pour pouvoir être tenue pendant les périodes où les émotions donnent justement envie de l’abandonner.