Comment Lionel Messi peut vous aider à devenir un meilleur investisseur

Comment Lionel Messi peut vous aider à devenir un meilleur investisseur

672 buts avec le FC Barcelone. Une Coupe du monde remportée à la fin de sa carrière. Huit Ballons d’Or. Même ceux qui ne suivent pas le football reconnaissent que Lionel Messi fait partie des plus grands joueurs de l’histoire.

Pourtant, il n’a jamais été exceptionnel tous les week-ends.

Certaines saisons ont été moins brillantes que d’autres. Il lui est arrivé de traverser plusieurs matchs sans marquer. À certains moments, la presse annonçait même son déclin. Avec le recul, ces débats paraissent presque anecdotiques.

Personne ne juge sérieusement la carrière de Messi sur une série de cinq ou dix matchs.

Pourquoi faisons-nous exactement l’inverse avec nos investissements ?

Quelques mois de baisse suffisent souvent à remettre en question une stratégie construite pour durer vingt ou trente ans. Un portefeuille perd 10 %, 15 % ou 20 %, et la tentation apparaît immédiatement : vendre, attendre des jours meilleurs, ou changer complètement de méthode.

Pourtant, une baisse de 15 % n’a pas plus de sens, prise isolément, qu’une mauvaise série de trois matchs pour un joueur de football.

Elle ne devient intéressante qu’une fois replacée dans son contexte.

Le cerveau adore les histoires courtes

Notre cerveau est construit pour donner énormément d’importance aux événements récents.

Lorsqu’un marché chute depuis plusieurs mois, nous avons naturellement l’impression que cette baisse va continuer. À l’inverse, lorsqu’une classe d’actifs enchaîne plusieurs années exceptionnelles, nous finissons souvent par croire que cette dynamique est devenue la norme.

Les économistes appellent cela le biais de récence.

Ce biais explique en grande partie pourquoi tant d’investisseurs achètent après les hausses et vendent après les baisses. Ils ne prennent pas leurs décisions en fonction de la valeur des entreprises ou de leur plan patrimonial, mais en fonction de ce qu’ils viennent de vivre.

Ce phénomène est parfaitement compréhensible. Il est aussi extrêmement coûteux.

Car les marchés financiers ne rémunèrent pas les investisseurs qui réagissent le plus vite aux émotions. Ils récompensent ceux qui sont capables de conserver une vision suffisamment longue pour ne pas se laisser dicter leurs décisions par les derniers mouvements de marché.

C’est une différence fondamentale.

Un portefeuille n’est pas un bulletin scolaire mis à jour tous les matins.

C’est un projet qui doit produire des résultats sur plusieurs décennies.

Une mauvaise année ne dit presque rien

Prenons un exemple.

Supposons qu’un portefeuille mondial perde 18 % cette année. Beaucoup d’investisseurs y verront la preuve qu’ils ont fait un mauvais choix.

Mais que penser de cette même baisse si ce portefeuille avait progressé de 150 % au cours des quinze années précédentes ?

La réponse change immédiatement.

La baisse n’est plus un événement exceptionnel. Elle devient une composante normale d’un actif qui crée historiquement de la richesse sur le long terme.

Les marchés fonctionnent ainsi depuis toujours.

Ils alternent des périodes d’optimisme exagéré, des phases de découragement, des crises parfois violentes, puis de nouveaux sommets.

Nous connaissons aujourd’hui parfaitement cette succession… mais uniquement parce que nous regardons le passé.

Vécue en temps réel, chaque crise donne pourtant l’impression d’être différente des précédentes.

En 2008, beaucoup pensaient que le système financier allait s’effondrer.

En 2020, certains étaient persuadés que l’économie mondiale resterait paralysée pendant des années.

En 2022, beaucoup voyaient dans la remontée des taux d’intérêt la fin durable des marchés actions.

À chaque fois, les raisons de s’inquiéter semblaient parfaitement rationnelles.

Et à chaque fois, les investisseurs qui avaient construit leur stratégie autour de ces inquiétudes ont souvent fini par vendre au pire moment.

Ce constat ne signifie pas qu’il faille ignorer les risques.

Il signifie simplement qu’une décision d’investissement ne devrait presque jamais être prise parce que les marchés ont beaucoup monté… ou beaucoup baissé récemment.

La performance récente est souvent l’information la plus visible.

C’est rarement la plus utile.

Le meilleur moment pour investir est rarement celui qui paraît le plus rassurant

Lorsque les marchés baissent, beaucoup d’investisseurs préfèrent attendre.

Attendre que la situation se stabilise.

Attendre que les taux redescendent.

Attendre que les élections soient passées.

Attendre que les journaux parlent enfin de bonnes nouvelles.

Le problème est que les marchés financiers n’attendent jamais que tout soit redevenu rassurant pour repartir.

Les plus fortes hausses surviennent souvent lorsque le climat économique reste très pessimiste. Au moment où l’incertitude disparaît, une grande partie de la reprise est déjà derrière nous.

C’est précisément pour cette raison que tant d’études montrent l’intérêt d’investir régulièrement, indépendamment de l’actualité.

Non pas parce que cette méthode permettrait d’acheter systématiquement au plus bas. Personne n’y parvient de façon régulière.

Mais parce qu’elle évite de transformer chaque investissement en décision psychologiquement difficile.

Vous investissez lorsque les marchés sont hauts.

Vous investissez également lorsqu’ils sont bas.

Vous achetez parfois cher, parfois bon marché.

Au fil des années, le prix moyen payé devient finalement beaucoup plus important que la recherche obsessionnelle du point d’entrée parfait.

Cette approche paraît presque trop simple.

C’est pourtant précisément ce qui fait sa force.

Ce sont les entreprises qui créent la richesse, pas les graphiques

Lorsqu’un marché baisse fortement, il est facile d’avoir l’impression que tout est devenu plus risqué.

Pourtant, le prix d’une action et la qualité de l’entreprise qui se trouve derrière sont deux choses différentes.

Une excellente entreprise peut perdre 30 % en bourse sans que son modèle économique ait réellement changé.

À l’inverse, une entreprise médiocre peut voir son cours progresser pendant plusieurs années avant que ses difficultés finissent par apparaître.

À court terme, les marchés reflètent surtout les émotions des investisseurs.

À long terme, ils finissent généralement par refléter la capacité des entreprises à créer de la valeur.

Autrement dit, la volatilité n’est pas la même chose que le risque.

Cette distinction change profondément la manière d’investir.

Si vous achetez un ETF mondial, vous ne pariez pas sur les prochains mois. Vous devenez progressivement propriétaire de milliers d’entreprises qui innovent, recrutent, investissent, gagnent des parts de marché et génèrent des bénéfices.

Leur valeur économique continue d’évoluer, même lorsque les marchés traversent une période difficile.

Les cours peuvent faire beaucoup de bruit.

Les entreprises, elles, continuent souvent de travailler.

Les investisseurs perdent rarement à cause des marchés

On attribue souvent les mauvaises performances à la conjoncture.

En réalité, elles proviennent très souvent des décisions prises pendant les périodes de stress.

Changer complètement d’allocation après une forte baisse.

Suspendre ses versements mensuels parce que « ce n’est pas le bon moment ».

Vendre un portefeuille qui avait pourtant été construit pour un horizon de vingt ans.

Multiplier les arbitrages en espérant éviter la prochaine correction.

Toutes ces décisions donnent le sentiment d’agir.

Mais agir n’est pas toujours progresser.

Les statistiques montrent d’ailleurs que les investisseurs obtiennent généralement des performances inférieures à celles des fonds dans lesquels ils investissent. Non pas parce que les fonds fonctionnent mal, mais parce qu’ils entrent et sortent au mauvais moment.

Ils poursuivent les performances passées.

Ils fuient les baisses.

Autrement dit, ils font exactement ce que leur cerveau leur suggère de faire.

Construire un bon portefeuille est finalement moins difficile que réussir à le conserver lorsque tout semble aller contre lui.

Ce que Messi nous rappelle vraiment

Messi n’est pas devenu l’un des plus grands joueurs de l’histoire parce qu’il a réalisé quelques matchs exceptionnels.

Il l’est devenu parce qu’il a répété les mêmes gestes pendant plus de vingt ans.

Il a connu des blessures.

Des éliminations.

Des saisons moins brillantes.

Des critiques.

Mais il n’a jamais remis en cause toute sa manière de jouer après quelques mauvais résultats.

L’investissement fonctionne selon une logique étonnamment proche.

Vous n’avez pas besoin de prévoir le prochain krach.

Vous n’avez pas besoin d’anticiper la prochaine baisse des taux.

Vous n’avez pas besoin d’avoir raison tous les ans.

Vous avez surtout besoin d’une stratégie suffisamment robuste pour continuer à investir lorsque les émotions poussent la majorité des investisseurs à faire exactement l’inverse.

Cette discipline paraît peu spectaculaire.

C’est pourtant elle qui fait toute la différence après quinze, vingt ou trente ans.

Les performances extraordinaires sont rarement le résultat de décisions extraordinaires.

Elles proviennent souvent d’une succession de décisions ordinaires, répétées avec une constance que peu d’investisseurs parviennent à maintenir.

Le véritable adversaire de l’investisseur

On présente souvent l’investissement comme une discipline financière.

Je crois qu’il s’agit avant tout d’une discipline comportementale.

Comprendre le fonctionnement des marchés est évidemment utile. Savoir construire un portefeuille diversifié, maîtriser les frais ou optimiser la fiscalité fait une vraie différence. Mais ces compétences ne produisent de résultats que si vous êtes capable de les appliquer pendant suffisamment longtemps.

Or c’est précisément là que les choses se compliquent.

Le véritable adversaire de l’investisseur n’est généralement ni l’inflation, ni les taux d’intérêt, ni même les crises financières.

C’est son envie permanente de faire quelque chose.

Lorsque les marchés montent, il cherche le prochain actif qui fera encore mieux.

Lorsqu’ils baissent, il cherche le moyen d’éviter les pertes.

Dans les deux cas, il finit souvent par modifier une stratégie qui était pourtant parfaitement adaptée à ses objectifs.

Avec les années, j’observe que les meilleurs investisseurs ne sont pas forcément ceux qui prédisent le mieux les marchés.

Ce sont souvent ceux qui changent le moins souvent d’avis.

Ils acceptent que certaines années soient décevantes.

Ils savent que leur portefeuille traversera plusieurs crises.

Ils comprennent qu’un investissement n’est pas validé ou invalidé après quelques mois, mais après plusieurs cycles économiques.

Cette manière de voir les choses demande de la patience. Mais elle apporte aussi une forme de sérénité.

Vous cessez progressivement de regarder votre portefeuille comme un tableau de scores qui évolue chaque jour.

Vous commencez à le considérer pour ce qu’il est réellement : un outil destiné à financer des projets qui, eux, se réaliseront dans dix, vingt ou trente ans.

C’est probablement la principale leçon que l’on peut tirer de la carrière de Lionel Messi.

Son héritage ne tient pas à quelques matchs extraordinaires. Il tient à une capacité exceptionnelle à répéter les bons gestes, saison après saison, malgré les critiques, les blessures, les périodes moins brillantes et les attentes immenses qui pesaient sur lui.

L’investissement suit une logique étonnamment similaire.

La richesse se construit rarement grâce à une décision brillante prise au bon moment. Elle naît beaucoup plus souvent d’une succession de décisions raisonnables, répétées avec discipline pendant très longtemps.

Cela paraît moins spectaculaire. C’est pourtant ainsi que les patrimoines se construisent.

Après tout, les plus belles carrières se construisent rarement sur un seul match. Les patrimoines non plus, et c’est précisément cette optique de long terme qu’Alti Patrimoine s’attache à conserver.