Quatre façons de dynamiser votre PER

Quatre façons de dynamiser votre PER

Le PER est souvent présenté comme un produit d’épargne retraite. C’est vrai, mais cette présentation est aussi réductrice. Un PER n’a rien de magique en lui-même. Il ne crée pas de rendement, ne protège pas contre les mauvais choix d’investissement et ne compense pas un manque d’épargne.

Il s’agit simplement d’une enveloppe fiscale. Ce qui fera réellement la différence au moment de la retraite, ce sont les décisions prises à l’intérieur de cette enveloppe.

Je constate pourtant que beaucoup d’investisseurs consacrent davantage de temps à choisir leur PER qu’à construire le portefeuille qui s’y trouve. C’est un peu comme passer des semaines à choisir un coffre-fort sans jamais se demander ce que l’on va y mettre.

Dans un précédent article, j’avais présenté plusieurs leviers permettant d’utiliser un PER plus efficacement. Il en existe d’autres, tout aussi importants. Ils ne reposent ni sur des techniques complexes ni sur des paris hasardeux. Ils relèvent davantage de la discipline que de l’expertise financière.

1. Les frais sont certains, les performances non

Lorsqu’on cherche à améliorer la performance de son PER, le premier réflexe consiste souvent à vouloir sélectionner les meilleurs fonds ou les meilleurs gérants.

L’intention est logique. Si un fonds fait mieux que les autres, pourquoi ne pas le choisir ?

Le problème est que cette recherche est beaucoup plus difficile qu’elle n’en a l’air. Les études montrent régulièrement que la majorité des fonds gérés activement finissent par sous-performer leur indice de référence sur des périodes suffisamment longues, une fois les frais déduits. Cela ne signifie pas qu’aucun gérant ne crée de valeur. Cela signifie surtout qu’il est extrêmement difficile d’identifier à l’avance ceux qui y parviendront durablement.

En revanche, il existe une variable sur laquelle vous gardez un contrôle total : les coûts.

Chaque euro économisé en frais reste investi dans votre portefeuille. Cet argent continue de produire des intérêts composés pendant parfois plusieurs décennies. L’effet paraît modeste la première année. Après vingt ou trente ans, il devient considérable.

C’est précisément ce qui explique le succès des fonds indiciels et des ETF. Leur objectif n’est pas de battre le marché. Ils cherchent simplement à le reproduire avec des frais très faibles.

Cette approche apporte plusieurs avantages à la fois :

  • les frais de gestion diminuent fortement ;
  • la rotation du portefeuille est généralement plus faible, ce qui réduit également certains coûts cachés ;
  • la diversification devient beaucoup plus simple ;
  • vous savez précisément dans quoi vous investissez.

Ce dernier point est souvent sous-estimé. Beaucoup d’investisseurs possèdent plusieurs fonds actifs sans réellement connaître les entreprises qu’ils détiennent au final. Ils pensent diversifier leur portefeuille alors qu’ils accumulent parfois les mêmes grandes valeurs plusieurs fois.

Un portefeuille construit avec quelques ETF bien choisis offre souvent une vision beaucoup plus claire de son allocation.

Bien sûr, tous les PER ne proposent pas une offre satisfaisante d’ETF ou de fonds indiciels. Certaines classes d’actifs restent parfois uniquement accessibles via des fonds actifs.

Faut-il alors renoncer à investir dans ces segments ?

À mon sens, non.

Si une classe d’actifs apporte une véritable diversification au portefeuille, il est souvent préférable d’y accéder via un fonds actif plutôt que de s’en priver complètement. L’objectif n’est pas de construire un portefeuille composé exclusivement d’ETF. L’objectif est de bâtir un portefeuille cohérent.

Autrement dit, les fonds indiciels constituent un excellent point de départ. Ils ne doivent pas devenir un dogme.

2. Le meilleur moment pour investir

La plupart des investisseurs pensent qu’il faut être prudent lorsque les marchés baissent.

Pourtant, si votre horizon est celui de la retraite, une baisse des marchés constitue souvent une bonne nouvelle.

Lorsque les valorisations diminuent, chaque versement permet d’acheter davantage de parts. À long terme, ces achats réalisés pendant les périodes difficiles contribuent souvent de manière disproportionnée à la performance finale du portefeuille.

Le problème n’est donc pas financier. Il est psychologique.

Investir régulièrement lorsque les marchés progressent est relativement confortable. Continuer à investir après une baisse de 20 ou 30 % l’est beaucoup moins. Les doutes apparaissent rapidement. Et si cette fois était différente ? Et si les marchés continuaient de baisser ?

Ces questions sont normales. Elles accompagnent pratiquement toutes les grandes corrections boursières.

C’est précisément pour cette raison que les versements programmés constituent probablement l’un des meilleurs outils dont dispose un investisseur particulier.

En automatisant les investissements, vous prenez une seule décision aujourd’hui, plutôt que de devoir reprendre la même décision chaque mois sous l’influence des émotions.

Vous appliquez naturellement ce que l’on appelle les investissements programmés, ou Dollar Cost Averaging. Le principe est simple : investir à intervalles réguliers, indépendamment des fluctuations des marchés.

Cette méthode ne garantit pas la meilleure performance possible. Si vous connaissiez parfaitement l’avenir, vous investiriez évidemment juste avant chaque hausse.

Mais personne ne dispose de cette information.

En revanche, chacun peut éviter une erreur beaucoup plus fréquente : interrompre ses investissements précisément lorsque les marchés deviennent les plus attractifs.

Sur un PER, dont l’horizon dépasse souvent vingt ou trente ans, cette discipline compte généralement davantage que la capacité à anticiper les prochains mouvements de marché.

3. Le rendement n’est pas seul à financer votre retraite

Lorsque les investisseurs parlent de retraite, la conversation tourne presque toujours autour des performances.

Quel rendement peut-on espérer ? Quel ETF choisir ? Faut-il viser 7 %, 8 % ou davantage ?

Ces questions ont leur importance. Mais elles éclipsent souvent un facteur bien plus déterminant : le montant que vous épargnez.

Prenons deux investisseurs. Le premier obtient une excellente performance, mais investit peu. Le second obtient un rendement légèrement inférieur, tout en augmentant régulièrement son effort d’épargne au fil des années. Dans bien des cas, c’est le second qui arrivera avec le patrimoine le plus important au moment de la retraite.

Cette réalité est parfois contre-intuitive, car nous aimons attribuer les bons résultats à la qualité des placements. Pourtant, durant les premières années de constitution d’un patrimoine, la majeure partie du capital provient des versements, pas des intérêts composés. Ces derniers prennent progressivement le relais, mais seulement après avoir eu suffisamment de temps pour agir.

C’est pourquoi je recommande généralement de raisonner en pourcentage de revenus plutôt qu’en montant fixe.

Si vous décidez d’investir 300 € par mois, ce chiffre risque de rester inchangé pendant plusieurs années, alors même que vos revenus évolueront probablement.

À l’inverse, si vous consacrez, par exemple, 15 % de votre salaire à votre épargne, votre effort grandira naturellement avec votre carrière.

Chaque augmentation devient alors une occasion d’améliorer votre patrimoine futur sans avoir l’impression de faire un effort supplémentaire.

Cette approche présente plusieurs avantages :

  • elle permet de faire progresser automatiquement votre capacité d’investissement ;
  • elle limite la tentation d’augmenter systématiquement votre niveau de vie à chaque hausse de revenus ;
  • elle transforme l’épargne en habitude plutôt qu’en décision ponctuelle.

Peu de retraités regrettent d’avoir constitué un patrimoine trop important.

En revanche, beaucoup regrettent de ne pas avoir commencé plus tôt ou de ne pas avoir épargné davantage lorsqu’ils en avaient la possibilité.

Le rendement est un accélérateur. L’épargne reste le moteur.

4. Préparez votre portefeuille pour le mauvais temps

Les marchés financiers donnent parfois l’illusion que les crises appartiennent au passé.

Après plusieurs années de hausse, il devient facile de croire que les baisses importantes sont devenues moins probables, ou qu’elles seront rapidement corrigées.

Pourtant, l’histoire des marchés raconte exactement l’inverse. Les corrections de 20 %, les marchés baissiers prolongés et les récessions font partie du fonctionnement normal des marchés financiers. Leur date est imprévisible. Leur retour, lui, est pratiquement certain.

Construire un portefeuille en supposant que les marchés continueront de monter revient à bâtir une maison sans prévoir de toit parce qu’il fait beau le jour des travaux.

La véritable question n’est donc pas de savoir si une crise surviendra. Elle consiste à savoir si votre portefeuille vous permettra de continuer à investir sereinement lorsqu’elle arrivera.

C’est précisément le rôle de l’allocation d’actifs.

Pendant longtemps, une règle simple a circulé : détenir en obligations un pourcentage équivalent à son âge. Cette règle avait le mérite de la simplicité. Aujourd’hui, elle apparaît surtout comme un point de départ très approximatif.

Deux investisseurs de 40 ans peuvent avoir des besoins totalement différents.

L’un dispose d’un patrimoine important, d’un emploi stable et d’un horizon de placement encore très long. L’autre prévoit d’utiliser son capital dans cinq ans pour financer un projet immobilier ou compléter ses revenus.

Leur âge est identique. Leur capacité à supporter une baisse de marché ne l’est pas.

L’allocation entre actions et obligations dépend en réalité de plusieurs éléments :

  • votre horizon d’investissement ;
  • votre capacité financière à absorber une baisse temporaire ;
  • votre tolérance psychologique aux fluctuations ;
  • vos futurs besoins de liquidités.

L’âge influence ces paramètres, mais ne les résume pas.

À l’inverse, il ne faut pas non plus tomber dans l’excès consistant à vouloir éliminer tout risque.

Un portefeuille trop prudent expose à un autre danger : celui de ne plus produire suffisamment de rendement pour préserver le pouvoir d’achat face à l’inflation.

C’est particulièrement vrai lorsqu’on prépare une retraite qui pourra durer vingt ou trente ans. Même une fois retraité, une partie du patrimoine devra souvent continuer à rechercher de la croissance.

Le bon portefeuille n’est donc pas celui qui évite toutes les baisses. C’est celui que vous serez capable de conserver lorsque les marchés traverseront inévitablement une période difficile.

Pendant longtemps, les conseils sur le PER ont souvent été présentés comme une succession d’astuces : choisir le bon contrat, profiter de la déduction fiscale, sélectionner les meilleurs fonds, arbitrer au bon moment.

Ces éléments ont leur importance. Mais ils restent secondaires si l’on passe à côté de l’essentiel.

Lorsqu’on observe les investisseurs qui parviennent réellement à construire un patrimoine conséquent sur plusieurs décennies, ils ne prennent généralement pas des décisions extraordinaires. Ils répètent longtemps les mêmes bonnes décisions.

  • Ils investissent régulièrement.
  • Ils maîtrisent leurs frais.
  • Ils augmentent progressivement leur effort d’épargne.
  • Ils construisent un portefeuille adapté à leur situation plutôt qu’à la mode du moment.

Aucun de ces choix ne paraît spectaculaire pris isolément. C’est leur accumulation qui produit des résultats impressionnants.

Le PER est d’ailleurs un excellent révélateur de cette réalité. Son horizon de placement est tellement long que les erreurs finissent par coûter très cher… mais les bonnes habitudes aussi finissent par rapporter énormément.

C’est aussi la raison pour laquelle je me méfie des débats qui cherchent systématiquement le meilleur placement ou le meilleur support.

Un PER investi dans un portefeuille simple, peu coûteux et alimenté avec discipline pendant trente ans aura souvent plus de chances d’atteindre son objectif qu’un PER construit autour d’une succession de paris censés battre le marché.

L’investissement ressemble rarement à une compétition où le plus brillant l’emporte.

Il ressemble beaucoup plus à une course d’endurance où celui qui évite les erreurs les plus coûteuses finit souvent devant les autres.

Au fond, la véritable question n’est peut-être pas de savoir comment dynamiser un PER.

La vraie question est de savoir comment mettre en place une stratégie que vous serez encore capable d’appliquer lorsque les marchés auront perdu 30 %, que les médias annonceront une nouvelle crise et que l’envie de tout remettre en question deviendra très forte.

C’est précisément à ce moment-là que les décisions prises des années auparavant révèlent leur véritable valeur.

La performance d’un PER se construit beaucoup moins dans les périodes d’euphorie que dans la manière dont on traverse les périodes de doute.

C’est sans doute la principale leçon de cet article.

Les solutions techniques existent. Les ETF, les allocations d’actifs ou les versements programmés sont aujourd’hui accessibles à presque tout le monde.

La difficulté consiste beaucoup plus à assembler ces éléments dans une stratégie cohérente, puis à conserver suffisamment de recul pour ne pas la modifier à chaque changement de cycle.

C’est d’ailleurs là que le rôle d’un conseiller change de nature. Il ne s’agit plus simplement de sélectionner des supports d’investissement, mais d’aider à préserver une stratégie lorsque les émotions poussent à s’en éloigner.

Car la qualité d’un PER ne se mesure pas seulement au contrat que vous avez signé aujourd’hui. Elle se mesure surtout aux décisions que vous serez encore capable de prendre dans vingt ans.

Et c’est précisément cette continuité qu’Alti Patrimoine cherche à construire avec chacun de ses clients.