Les bénéfices à investir dans des fonds indiciels (ETF)

Les bénéfices à investir dans des fonds indiciels (ETF)

Les fonds indiciels, plus connus aujourd’hui sous le nom d’ETF (Exchange Traded Funds), se sont imposés comme l’un des outils d’investissement les plus populaires au monde. Longtemps réservés aux investisseurs avertis, ils sont désormais accessibles à tous, avec des frais très faibles et une simplicité qui explique largement leur succès.

Mais cet engouement est-il réellement justifié ? Est-il préférable d’investir dans un ETF plutôt que de sélectionner soi-même des actions, ou de confier son argent à un gérant professionnel ?

Les recherches académiques menées depuis plusieurs décennies apportent une réponse étonnamment claire.

Qu’est-ce qu’un fonds indiciel ?

Un fonds indiciel est un fonds d’investissement dont l’objectif est de reproduire le plus fidèlement possible la performance d’un indice boursier.

Il peut s’agir du CAC 40, du S&P 500, du MSCI World, du Nikkei 225 ou encore de nombreux autres indices représentant un secteur, une zone géographique ou une catégorie d’entreprises.

Concrètement, un ETF répliquant le CAC 40 détient les quarante sociétés composant l’indice, dans des proportions très proches de celles utilisées par celui-ci. Si TotalEnergies représente environ 10 % du CAC 40, elle pèsera également autour de 10 % dans le fonds.

Le principe est donc extrêmement simple : le fonds ne cherche pas à deviner quelles entreprises seront les plus performantes demain. Il achète l’ensemble du marché représenté par l’indice et le laisse évoluer naturellement.

C’est ce qui distingue la gestion indicielle de la gestion active.

Dans un fonds actif, un gérant sélectionne les entreprises qu’il estime les plus prometteuses. Il achète, vend, arbitre son portefeuille et tente de faire mieux que le marché.

À l’inverse, un fonds indiciel accepte une idée beaucoup plus humble : personne ne sait identifier de manière fiable les futurs gagnants. Plutôt que d’essayer de battre le marché, il cherche simplement à obtenir son rendement.

Cela peut sembler peu ambitieux. Pourtant, cette approche s’avère remarquablement efficace.

Le problème du stock picking

Beaucoup d’investisseurs pensent qu’il suffit de sélectionner quelques belles entreprises pour battre facilement la bourse.

L’idée paraît logique : pourquoi acheter des centaines d’actions lorsque seules quelques-unes produisent les meilleures performances ?

Le problème est justement là : personne ne sait lesquelles.

Une étude devenue célèbre du professeur Hendrik Bessembinder, de l’Université d’Arizona (dont voici l’infographie), apporte un éclairage particulièrement intéressant. En étudiant près de 26 000 actions américaines sur plusieurs décennies, il est arrivé à une conclusion contre-intuitive.

Environ 96 % des actions ont produit, sur l’ensemble de leur existence, une performance comparable à celle des bons du Trésor américain, c’est-à-dire un rendement relativement faible.

À l’inverse, 4 % seulement des actions sont à l’origine de toute la création de richesse du marché actions.

Autrement dit, si les actions rapportent historiquement davantage que les obligations ou les placements monétaires, c’est grâce à une toute petite minorité d’entreprises exceptionnelles.

Apple, Microsoft, Nvidia, Amazon ou encore LVMH en sont des exemples récents. Quelques sociétés seulement ont créé une richesse considérable, tandis que la majorité des entreprises ont obtenu des performances beaucoup plus ordinaires, voire décevantes.

Le véritable défi n’est donc pas de savoir qu’il existe des actions extraordinaires.

Le défi consiste à les identifier… avant qu’elles ne deviennent extraordinaires.

Pourquoi les ETF offrent un avantage considérable

Face à cette difficulté, les fonds indiciels apportent une réponse particulièrement élégante.

Plutôt que d’essayer de deviner quelles seront les futures entreprises gagnantes, ils les possèdent toutes.

Ainsi, lorsqu’une société connaît une croissance exceptionnelle, elle prend progressivement une place plus importante dans l’indice. À l’inverse, les entreprises qui déclinent voient naturellement leur poids diminuer, voire disparaissent complètement de l’indice.

L’investisseur n’a rien à faire.

Il bénéficie automatiquement de la réussite des grandes entreprises de demain, sans avoir eu besoin de les identifier plusieurs années à l’avance.

C’est probablement le principal avantage des ETF : ils permettent de transformer un problème quasiment impossible à résoudre — sélectionner les futurs champions — en une stratégie extrêmement simple.

On possède l’ensemble du marché, et le marché se charge lui-même de faire émerger les gagnants.

Une diversification presque impossible à reproduire

Investir dans quelques actions individuelles procure souvent une illusion de diversification.

Détenir vingt ou trente entreprises paraît déjà beaucoup.

En réalité, cela reste très peu.

Les principaux indices mondiaux regroupent plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de sociétés réparties dans différents secteurs d’activité et dans de nombreux pays.

Un simple ETF MSCI World donne ainsi accès à plus de 1 300 grandes entreprises des principaux pays développés.

Avec un seul fonds, un investisseur devient indirectement propriétaire de sociétés aussi diverses qu’Apple, Nestlé, Visa, Novo Nordisk, Toyota, L’Oréal ou SAP.

Construire une telle diversification en achetant individuellement chaque action serait pratiquement impossible pour un particulier.

Cette diversification réduit fortement le risque spécifique lié à une entreprise.

Si une société fait faillite, son impact sur l’ensemble du portefeuille reste généralement très limité.

Les frais : un détail qui n’en est pas un

L’autre grand avantage des fonds indiciels réside dans leurs frais de gestion.

Un ETF mondial coûte généralement entre 0,10 % et 0,25 % par an.

À l’inverse, de nombreux fonds actifs prélèvent encore entre 1 % et 2 % de frais annuels, auxquels peuvent parfois s’ajouter des droits d’entrée ou des frais de surperformance.

À première vue, un écart d’un point de pourcentage paraît insignifiant.

Sur plusieurs décennies, il devient considérable.

Chaque euro versé en frais est un euro qui ne peut plus produire de rendement les années suivantes. Les frais ont donc un double coût : leur coût immédiat et le manque à gagner lié aux intérêts composés.

Réduire ses frais est l’une des rares décisions dont on connaît avec certitude l’effet positif sur la performance future.

Les ETF battent aussi la majorité des professionnels

Beaucoup imaginent qu’un gérant expérimenté, entouré d’analystes financiers et disposant de moyens importants, devrait facilement battre un simple indice.

Pourtant, les études montrent exactement l’inverse.

Chaque année, les rapports publiés par SPIVA (S&P Indices Versus Active) comparent les performances des fonds actifs avec celles de leurs indices de référence.

Le constat est remarquablement stable.

Sur des périodes de dix à quinze ans, la grande majorité des fonds actifs sous-performent leur indice, une fois les frais pris en compte.

En Europe comme aux États-Unis, il n’est pas rare que plus de 80 % des fonds actifs soient battus par un simple ETF sur longue période.

Autrement dit, il est déjà très difficile de battre le marché.

Mais il est encore plus difficile de le battre après avoir payé des frais de gestion élevés.

Comme le résume Warren Buffett :

Un indice à très faible coût va battre une majorité de l’argent géré par des amateurs ou par des professionnels.

Warren Buffett

Une stratégie simple… mais efficace

Les ETF présentent également d’autres avantages qui expliquent leur succès.

Ils sont parfaitement transparents : leur composition est connue à tout moment.

Ils sont liquides : ils peuvent être achetés ou vendus facilement durant les heures d’ouverture des marchés.

Ils sont accessibles avec quelques dizaines ou centaines d’euros seulement.

Enfin, ils peuvent être logés dans des enveloppes fiscales avantageuses comme le PEA, l’assurance-vie ou le PER, selon les ETF retenus.

Cette simplicité est souvent sous-estimée.

En investissement, les stratégies les plus sophistiquées ne sont pas forcément les plus performantes. Elles sont surtout plus difficiles à conserver dans le temps.

À l’inverse, une stratégie simple, bien diversifiée et peu coûteuse est généralement plus facile à suivre pendant plusieurs décennies.

Et en matière d’investissement, la constance est souvent plus importante que la sophistication.

Faut-il investir uniquement en ETF ?

Les fonds indiciels constituent probablement le meilleur point de départ pour la très grande majorité des investisseurs.

Ils permettent d’obtenir les principaux moteurs de la performance des marchés financiers sans avoir à sélectionner des actions individuelles ni à rechercher le meilleur gérant.

Cela ne signifie pas qu’ils représentent nécessairement l’allocation la plus optimisée possible. Certaines classes d’actifs ou certains facteurs d’investissement, comme les petites capitalisations de valeur, peuvent historiquement améliorer les performances ou la diversification d’un portefeuille.

En revanche, pour un investisseur qui souhaite faire fructifier son patrimoine sur plusieurs décennies avec une approche simple, robuste et peu coûteuse, les ETF offrent aujourd’hui l’un des meilleurs rapports entre simplicité, diversification et probabilité de succès.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si John Bogle, créateur du premier fonds indiciel moderne, Warren Buffett ou encore David Swensen ont tous recommandé cette approche aux investisseurs particuliers.

Avant de confier votre argent à un gérant actif ou de sélectionner vous-même quelques actions, posez-vous une question simple : ont-ils réellement de bonnes chances de faire mieux qu’un simple fonds indiciel pendant les vingt prochaines années ?

Les données disponibles suggèrent que, dans la grande majorité des cas, la réponse est non.