Aller au contenu
Accueil » Le Blog d’Alti Patrimoine » Quelques leçons apprises en 10 ans d’investissement

Quelques leçons apprises en 10 ans d’investissement

    Quelques leçons apprises en 10 ans d'investissement

    2025 marque mes 10 ans en tant qu’investisseur. Dix années à voir les marchés grimper, chuter, surprendre, et surtout à valider dans la vraie vie toutes ces “règles” qu’on lit dans les livres d’investisseur. Autant dire que j’ai aujourd’hui plus de recul – et un peu plus de sagesse (enfin j’espère !), que 10 ans en arrière.

    Voici les principales leçons que j’aurais aimé comprendre dès le départ. Certaines sont des classiques intemporels, d’autres des leçons plus personnelles.

    Les classiques qu’on ne répétera jamais assez

    Je les connaissais dès le départ, mais il a fallu plusieurs années pour qu’elles s’ancrent vraiment en moi :

    • Il y a plusieurs chemins qui mènent au succès. On peut investir dans des actions, des ETF, dans l’immobilier, créer une entreprise ou mixer tout ça. L’important, c’est d’adopter une stratégie cohérente et de la suivre dans la durée. Différents chemins mènent à Rome, mais il faut trouver celui qui nous correspond le mieux.
    • Les fonds indiciels gagnent à la fin. Ce n’est pas une question de mode, mais de mathématiques et de probabilités. Quand les frais sont bas, le rendement net finit par écraser la majorité des alternatives qui sont bien plus chères. C’est imparable.
    • Tenir bon est la vraie difficulté. Les principes théoriques sont simples, mais quand la bourse plonge de 30 %, paniquer est humain. Résister à l’envie de faire n’importe quoi devient l’enjeu majeur.
    • Diversifier reste indispensable. Cela limite la plupart des risques, mais c’est aussi frustrant : il y aura toujours un actif dans notre portefeuille qui traînera la patte.
    • Épargner compte plus que choisir “le bon” placement. Doubler son revenu ou sa capacité d’épargne est bien plus efficace que de chercher à optimiser ses rendements de 0,5 % (même si, ayant eu un passé de data analyst, j’adore faire ça aussi !).
    • Le stock picking, c’est pour les pros… mais même pas en fait. Si même les gérants chevronnés peinent à battre le marché après frais et impôts (et je suis gentil), pourquoi croire qu’on ferait mieux seul le soir après le travail ou avec le café du dimanche matin ?
    • Éviter les paris spéculatifs. Trading, NFT, secteurs à la mode, ETF à effet de levier… tout ça se rapproche bien plus du casino que de l’investissement. À la rigueur, pourquoi pas avec une fraction infime de votre patrimoine, si vraiment vous avez besoin d’une dose d’adrénaline (dans l’idéal, il vaut mieux la trouver ailleurs qu’en jouant avec l’argent que vous avez durement gagné).
    • Le market timing ne marche pas. Si anticiper les retournements était si facile, il n’y aurait plus personne pour perdre de l’argent en bourse.
    • Conserver des liquidités en vue de la prochaine crise est stupide. Même avec des valorisations élevées, le marché peut rester irrationnel durant de nombreuses années. Sortir du marché ou conserver des liquidités « au cas où » est la meilleure façon de laisser des gains sur le tapis.

    Ces règles ne sont pas spectaculaires, mais elles expliquent à elles seules pourquoi 95 % des investisseurs particuliers n’arrivent pas à obtenir des résultats corrects.

    Ce que j’ai appris en chemin

    L’expérience vécue est irremplaçable. On peut lire des dizaines de livres, suivre des formations, mais rien ne remplace le fait de traverser soi-même les cycles de marché.

    La trentaine, décennie décisive

    Après avoir beaucoup investi pour me former, j’étais quasiment fauché. Dix ans plus tard, la situation a radicalement changé : patrimoine net à six chiffres, projets avancés, davantage de liberté et la perspective de l’indépendance financière en ligne de mire.

    Pourquoi la trentaine est-elle si cruciale ? Parce qu’on gagne enfin correctement sa vie, qu’on a encore l’énergie de travailler beaucoup, et qu’on peut poser des bases solides. La vingtaine sert surtout à apprendre, à démarrer et à faire des erreurs, mais à l’orée de la quarantaine, l’envie de lever le pied commence à se faire sentir.

    En bref : c’est en construisant intensivement dans la trentaine qu’on récolte le plus ensuite.

    Simplifier, encore et toujours

    Au début, j’avais une dizaine de classes d’actifs dans un portefeuille ridicule. Erreur classique : croire qu’ajouter des couches de complexité est synonyme d’optimisation. En réalité, plus le patrimoine grossit, plus il devient naturellement complexe (comptes, placements, fiscalité, sociétés…). Autant garder ses investissements principaux aussi simples que possible.

    Le mythe du revenu passif

    Quand j’ai tenté de lancer une activité “censée générer du revenu passif”, j’ai vite réalisé que ce n’était pas si passif que ça. À part les dividendes automatiques d’un fonds indiciel (qui ne sont d’ailleurs pas un revenu, mais un détachement de capital), tout demande du travail, de la gestion, ou du suivi. Il faut arrêter de croire au mythe de “l’argent qui tombe tout seul”, comme on peut souvent le lire sur internet.

    Rien ne dure éternellement

    Les tendances “évidentes” ne le restent jamais. Qui aurait cru que les taux d’intérêt négatifs deviendraient la norme en Europe pendant plusieurs années, avant de repartir violemment à la hausse ? Qui imaginait la bulle des NFT suivie de leur disparition complète du paysage ? Ou encore l’émergence des ETF crypto ? Les marchés changent, mais presque jamais comme on l’attend.

    C’est pour cela que l’anticipation est un vœu pieux.

    Les frais sont l’ennemi invisible

    On a tendance à l’ignorer, mais la différence entre 1 % de frais annuels et 0,2 % sur un portefeuille peut représenter plusieurs centaines de milliers d’euros sur une carrière d’investisseur. C’est une “fuite lente” : indolore au départ, mais qui finit par siphonner petit à petit une part énorme du patrimoine.

    C’est pour cela que je privilégie, dans mon activité, un modèle de conseil clair et abordable, très loin des niveaux de frais pratiqués par la majorité des acteurs du marché (conseillers non indépendants, banques privées et robo-advisors…).

    Gérer ses placements : la partie la plus simple

    Certains payent volontiers des fortunes pour la gestion d’actifs (parfois sans s’en rendre compte), mais rechignent à se faire accompagner sur la fiscalité ou la succession. Erreur ! Monter un portefeuille d’ETF diversifié, c’est assez simple. Structurer une succession, optimiser ses impôts, préparer une expatriation, protéger sa famille : voilà les vrais casse-têtes.

    S’enrichir mois après mois

    Un bon indicateur qu’on est sur la bonne voie : la courbe du patrimoine monte régulièrement, malgré quelques accidents de parcours. Et ce phénomène doit continuer même après l’arrêt de l’activité principale, grâce aux intérêts composés. Les objectifs inaccessibles à 20 ans deviennent atteignables à 30 ou 40 ans. La patience est l’arme la plus puissante de l’investisseur. Son impatience, l’un de ses plus grands ennemis.

    Ces 10 années m’ont appris que l’investissement n’est ni une chasse au trésor (il n’y a aucune technique secrète miraculeuse à découvrir), ni un sprint. C’est un marathon durant lequel la discipline, la simplicité et le laisser-faire paient bien plus que les paris audacieux et l’agitation.

    On surestime toujours ce qu’on peut accomplir en un an, mais on sous-estime totalement ce qu’une stratégie régulière et cohérente permet d’obtenir en dix ou vingt ans.