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Les deux plus grands risques auxquels tout investisseur est confronté

    Les deux plus grands risques auxquels tout investisseur est confronté

    Investir, c’est accepter de prendre des risques, non ?
    Après tout, personne ne vous paiera pour miser sur une certitude.

    On ne peut pas éliminer le risque, mais on peut l’appréhender, le comprendre et surtout, le gérer. Et lorsque c’est bien fait, on est en droit d’attendre un rendement proportionnel au risque assumé.

    C’est un vaste sujet. Commençons par explorer la nature du risque, puis nous verrons les deux grandes menaces qui pèsent sur tous les investisseurs : l’inflation et les émotions.

    Comprendre la notion de risque

    Pour bien comprendre le risque en investissement, il est utile d’adopter la perspective d’un banquier. Les banquiers maîtrisent mieux que quiconque la relation entre risque et rendement.

    Imaginez que Bill Gates et un étudiant lambda poussent la porte d’une banque française pour demander un prêt. À votre avis, lequel obtiendra les meilleures conditions ? Évidemment, ce sera Bill Gates.

    Prêter à l’un des hommes les plus riches du monde est quasiment sans risque pour la banque. En revanche, un étudiant sans revenus fixes représente une bien plus grande incertitude.

    Mais attention, ce n’est pas si simple : le prêt accordé à Bill Gates ne rapportera presque rien à la banque, car il exigera un taux très bas. En revanche, un prêt à l’étudiant pourrait être accordé à un taux élevé, générant potentiellement plus de profit… s’il est remboursé.

    Ce dilemme illustre parfaitement le lien indissociable entre rendement et risque : plus vous recherchez la sécurité, plus vous devrez accepter un rendement faible. Pour espérer un meilleur rendement, vous devrez accepter une prise de risque supérieure à la moyenne.

    Le dictionnaire définit le risque comme « la possibilité de subir un préjudice ou une perte ». On y associe des notions de danger, d’incertitude, de menace. Pour ma part, je préfère cette définition appliquée à l’investissement : le risque, c’est la possibilité — que vous acceptez consciemment — de perdre quelque chose de précieux, à savoir votre argent.

    Autrement dit, le risque n’est pas quelque chose qu’on subit passivement, c’est une décision, un choix assumé — parfois même encouragé. Exactement comme le banquier qui choisit de prêter à l’étudiant plutôt qu’à Bill Gates, en espérant une meilleure rentabilité.

    Les investisseurs sont rémunérés pour le risque qu’ils prennent, à condition de le faire intelligemment. Or, beaucoup ont du mal avec cette idée car on ne gagne pas plus en faisant ce qui est facile, populaire ou rassurant.

    Les deux grands risques pour les investisseurs : l’inflation et les émotions

    Le risque d’inflation

    L’inflation, c’est cette érosion sournoise du pouvoir d’achat. Même si vous placez votre argent sur un livret ou un produit à capital garanti, il y a fort à parier que, dans quelques années, les euros récupérés permettront d’acheter moins qu’aujourd’hui.

    Dans les années 80, certains épargnants étaient ravis de toucher des taux à deux chiffres sur leurs placements. Mais avec une inflation elle aussi à deux chiffres, ils perdaient du terrain sans s’en rendre compte.

    Ce risque est particulièrement dangereux pour les retraités. Un exemple : un Français qui serait parti à la retraite avec 40 000 euros de revenu annuel en 2005 aurait peut-être eu un bon niveau de vie. Mais 20 ans plus tard, ce même montant n’aurait plus la même valeur réelle. Il lui aurait fallu plus de 60 000 euros pour maintenir son pouvoir d’achat initial.

    Comment s’en protéger ? La réponse passe, au moins en partie, par l’investissement en actions. Même les plus prudents peuvent se tourner vers des solutions comme les obligations indexées sur l’inflation (par exemple, les OATi en France), ou les fonds en actions bien diversifiés.

    De manière générale, il est recommandé de consacrer entre 20 % et 40 % de son portefeuille à des actifs susceptibles de prendre de la valeur à long terme. Même une faible exposition aux marchés actions peut améliorer significativement les rendements, sans forcément ajouter beaucoup de risque à long terme.

    Le risque émotionnel

    Tout investisseur, tôt ou tard, est confronté à la difficulté de maîtriser ses émotions : peur, euphorie, envie, panique… Ces sentiments peuvent saboter les meilleures intentions.

    Une autre forme de risque émotionnel, plus insidieuse, est la confiance excessive : croire qu’on est plus malin que le marché ou qu’on peut prévoir l’avenir.

    Cela se traduit souvent ainsi : en période de forte hausse, les investisseurs prudents, restés à l’écart, finissent par craquer et investissent dans ce qui « cartonne » à ce moment-là. À l’inverse, en période de chute des marchés, d’autres vendent tout, pris de panique.

    C’est ce que j’appelle la stratégie « Je n’en peux plus ». Elle pousse à acheter quand les prix sont au plus haut et à vendre quand ils sont au plus bas — l’inverse de la sagesse boursière : « acheter bas, vendre haut ».

    Comment se prémunir contre ce biais ? Commencez par être honnête avec vous-même : gardez une trace des décisions passées qui se sont révélées mauvaises. Relisez cette liste avant de refaire les mêmes erreurs.

    La meilleure défense reste un plan d’investissement structuré, avec des règles claires pour acheter, vendre, rééquilibrer. Votre portefeuille doit comporter suffisamment d’obligations pour vous permettre de dormir paisiblement, même en cas de tempête sur les marchés. Mais aussi assez d’actions pour ne pas rater les périodes de croissance.

    En maîtrisant ces trois dimensions du risque — le risque lui-même, l’inflation et les émotions — vous augmentez considérablement vos chances de succès à long terme. Et surtout, vous vous offrez une chose précieuse : la tranquillité d’esprit.

    Et ça, ça vaut de l’or.