
À chaque réforme des retraites, le même débat revient.
Faut-il repousser l’âge légal ? Faut-il augmenter les cotisations ? Les pensions vont-elles diminuer ? Les gouvernements successifs promettent de préserver le système tandis que beaucoup craignent, à juste titre, une baisse progressive de leur niveau de vie une fois à la retraite.
Ces discussions sont importantes. Elles concernent l’ensemble de la société.
Mais pour un investisseur, une autre question mérite tout autant d’attention : que pouvez-vous réellement maîtriser ?
Car il existe une différence fondamentale entre débattre de l’avenir du système de retraite et préparer le vôtre.
La retraite par répartition ne disparaîtra probablement pas. Mais elle évoluera.
On entend souvent des discours très tranchés.
Les uns affirment que le système français est condamné.
Les autres qu’il suffira de quelques réformes pour préserver durablement les pensions.
La réalité est probablement plus nuancée.
Le système par répartition repose sur un principe simple : les actifs financent les retraités. Lorsque la démographie évolue, lorsque l’espérance de vie augmente et que le rapport entre cotisants et retraités se dégrade, l’équilibre devient plus difficile à maintenir.
Les solutions sont connues : travailler plus longtemps, cotiser davantage, réduire certaines prestations ou financer une partie du système autrement.
Quelle que soit la combinaison retenue dans les décennies à venir, une conclusion paraît raisonnable : compter uniquement sur la retraite obligatoire devient un pari de plus en plus risqué.
Ce n’est pas une critique du système.
C’est simplement reconnaître que votre niveau de vie futur dépendra aussi de ce que vous aurez construit par vous-même.
La vraie question n’est pas l’âge de départ
Beaucoup de personnes se demandent à quel âge elles pourront partir.
Je pense qu’il est souvent plus pertinent de se demander dans quelles conditions elles pourront partir.
Deux personnes qui liquident leur retraite à 64 ans peuvent vivre des situations totalement différentes.
L’une dépend exclusivement de sa pension.
L’autre bénéficie également de revenus issus de son patrimoine.
La seconde dispose généralement d’une plus grande liberté : elle peut absorber plus facilement une hausse des dépenses, aider ses enfants, financer des loisirs ou simplement vivre avec davantage de sérénité.
Cette différence ne provient pas d’un meilleur système de retraite.
Elle provient d’un patrimoine construit progressivement pendant la vie active.
Construire un complément de retraite est souvent plus accessible qu’on ne l’imagine
Lorsque l’on parle d’investissement, beaucoup imaginent qu’il faut disposer d’un patrimoine important.
Pourtant, le facteur le plus puissant n’est pas le capital de départ.
C’est le temps.
Prenons un exemple volontairement simple.
Imaginons qu’une personne investisse 200 € par mois pendant 30 ans, sur un portefeuille diversifié d’actions mondiales.
Les rendements futurs seront différents des rendements passés. Personne ne peut garantir 7 % ou 8 % par an pendant les trente prochaines années.
En revanche, utiliser une hypothèse prudente de 6 à 7 % annuel avant inflation, cohérente avec ce que les marchés actions ont produit sur de longues périodes, permet d’obtenir un ordre de grandeur raisonnable.
Avec une hypothèse de 7 % annuel, un effort d’épargne de 200 € par mois représente un capital proche de 245 000 € après trente ans.
Le chiffre exact importe finalement assez peu.
Ce qui compte, c’est l’ordre de grandeur.
Car ce patrimoine peut ensuite devenir une véritable source de revenus.
Attention aux règles toutes faites
On lit parfois qu’il suffit de retirer 5 % de son capital chaque année.
Ce n’est pas aussi simple.
Le taux de retrait dépend :
- de votre âge ;
- de la composition du portefeuille ;
- de la fiscalité ;
- de la durée pendant laquelle vous souhaitez percevoir ces revenus ;
- et surtout des rendements réellement obtenus après votre départ à la retraite.
Dans de nombreuses études internationales, un taux voisin de 4 % est souvent considéré comme plus prudent sur un horizon très long, même s’il ne constitue là encore aucune garantie.
Avec un capital de 245 000 €, cela représenterait environ 800 € par mois avant fiscalité.
Ce n’est pas encore 1 000 €.
Mais plusieurs éléments peuvent faire évoluer ce résultat :
- investir un peu plus chaque mois ;
- commencer quelques années plus tôt ;
- prolonger la durée d’investissement ;
- ou continuer à laisser une partie du capital fructifier après le début des retraits.
Autrement dit, atteindre un complément de retraite proche de 1 000 € mensuels n’a rien d’irréaliste, mais cela demande davantage qu’une simple règle de calcul.
L’investissement ne remplace pas la retraite. Il la complète.
Il serait absurde d’opposer retraite publique et investissement privé.
Les deux remplissent des rôles différents.
La retraite obligatoire assure une forme de solidarité collective.
L’investissement apporte davantage d’autonomie individuelle.
Plus votre patrimoine produit de revenus, moins vous dépendez des décisions politiques futures.
C’est sans doute cela le véritable intérêt de l’investissement à long terme.
Il ne consiste pas à battre le gouvernement.
Il consiste à réduire progressivement le nombre de variables que vous ne contrôlez pas.
La discipline compte davantage que le rendement
Lorsque l’on évoque les intérêts composés, les investisseurs se focalisent souvent sur le rendement.
Pourtant, dans la plupart des cas, ce qui fait réellement la différence est beaucoup moins spectaculaire.
Investir régulièrement.
Continuer pendant les marchés baissiers.
Éviter les erreurs coûteuses.
Limiter les frais.
Ne pas interrompre son plan au premier ralentissement économique.
Ces comportements paraissent presque banals.
Ils expliquent pourtant une grande partie des réussites observées sur plusieurs décennies.
À l’inverse, beaucoup d’investisseurs abandonnent après une forte baisse ou changent constamment de stratégie.
Le problème n’est alors plus le rendement des marchés.
C’est leur propre comportement.
Préparer sa retraite est avant tout une question de méthode
Personne ne connaît les réformes qui seront votées dans vingt ans.
Personne ne connaît non plus les performances exactes des marchés.
En revanche, il est possible de construire une stratégie suffisamment robuste pour fonctionner dans différents scénarios.
Cela passe par une allocation adaptée, une bonne maîtrise des risques, une fiscalité cohérente avec vos objectifs et surtout un plan d’investissement que vous serez capable de respecter pendant plusieurs décennies.
C’est souvent cette préparation qui fait la différence entre un patrimoine qui accompagne réellement la retraite et un portefeuille abandonné après quelques années.
L’investissement ne supprime pas toutes les incertitudes. Il permet simplement de ne pas les subir toutes.
Et c’est précisément le rôle d’un accompagnement comme celui d’Alti Patrimoine : transformer une intention d’investir en une stratégie capable de traverser le temps.