
On entend souvent que le capital est la matière première de l’investissement.
C’est vrai… jusqu’à un certain point.
Un patrimoine peut se constituer progressivement. Les revenus augmentent parfois avec la carrière. Un héritage peut arriver. Une entreprise peut être vendue. Même une mauvaise décision financière peut souvent être corrigée.
Le temps, lui, ne se reconstitue jamais.
Chaque journée est consommée, que vous en fassiez quelque chose ou non.
Cette idée paraît presque banale. Pourtant, lorsqu’on observe la manière dont beaucoup d’investisseurs gèrent leur portefeuille, on constate souvent qu’ils protègent davantage leur argent que leur temps.
C’est probablement une erreur.
Nous cherchons souvent à économiser l’argent plutôt que le temps
L’argent est une ressource stockable.
Vous pouvez le placer sur un livret, investir dans un ETF ou le conserver plusieurs années avant de l’utiliser.
Le temps fonctionne exactement à l’inverse.
Il ne peut ni être mis de côté, ni récupéré plus tard.
Que vous passiez votre journée à apprendre, à travailler, à regarder les marchés ou à faire défiler des actualités financières sans réel objectif, les vingt-quatre heures auront disparu de la même manière.
La vraie question n’est donc jamais : combien de temps avez-vous ?
Elle est plutôt :
À quoi consacrez-vous le temps dont vous disposez ?
Cette distinction change profondément la manière d’aborder l’investissement.
Beaucoup d’investisseurs confondent activité et progrès
Il suffit d’ouvrir une application de courtage pour avoir l’impression de devoir agir.
Les marchés bougent en permanence.
Les médias financiers commentent chaque variation.
Les réseaux sociaux produisent continuellement de nouveaux avis.
En quelques minutes, vous pouvez avoir l’impression qu’il devient urgent de modifier votre portefeuille.
Pourtant, la plupart de ces informations n’améliorent pas réellement vos décisions.
Elles occupent simplement votre attention.
J’observe régulièrement des investisseurs capables de passer plusieurs heures par semaine à consulter l’évolution de leurs positions… tout en consacrant très peu de temps à comprendre pourquoi ils ont choisi ces investissements au départ.
Ce déséquilibre est coûteux.
Car regarder un portefeuille n’améliore pas sa performance.
Comprendre les actifs que vous détenez, réfléchir à votre allocation ou remettre en question certaines convictions, oui.
L’inquiétude est probablement l’un des plus mauvais investissements possibles
L’avenir est incertain.
Cette phrase est tellement répétée qu’elle finit par perdre son sens.
Pourtant, c’est précisément cette incertitude qui pousse beaucoup d’investisseurs à gaspiller une quantité considérable de temps.
Que va faire la BCE ?
Le marché américain est-il trop cher ?
Faut-il attendre une correction ?
La récession arrive-t-elle ?
Ces questions sont légitimes.
Le problème apparaît lorsqu’elles deviennent une occupation permanente.
Car pendant que vous cherchez à prévoir les prochains mois, vous ne consacrez plus ce temps à améliorer ce qui dépend réellement de vous :
- votre stratégie ;
- votre discipline ;
- votre diversification ;
- votre capacité à supporter les périodes difficiles.
Or ce sont ces éléments qui expliquent une grande partie des performances obtenues sur plusieurs décennies.
L’évolution des marchés ne dépend pas de vous.
Votre comportement, si.
Les meilleures décisions demandent rarement beaucoup de temps
Cette idée surprend souvent.
On imagine volontiers qu’un bon investisseur passe ses journées devant des graphiques.
C’est rarement le cas.
Une stratégie patrimoniale bien construite ne nécessite généralement que quelques interventions par an.
Pour la plupart des investisseurs particuliers, une trentaine de minutes hebdomadaires suffit largement.
Ce temps peut servir à plusieurs choses :
- lire un ouvrage ou un article de qualité ;
- vérifier que votre allocation reste cohérente avec vos objectifs ;
- effectuer un versement programmé ;
- rééquilibrer le portefeuille lorsque cela devient nécessaire.
Le reste du temps, il est souvent préférable… de ne rien faire.
Cela peut sembler contre-intuitif.
Mais en investissement, l’inaction est parfois une décision de grande qualité.
Plus votre stratégie est complexe, plus elle vous coûte du temps
Chaque nouvel actif ajouté dans un portefeuille demande de l’attention.
Chaque stratégie active nécessite un suivi.
Chaque optimisation supplémentaire possède un coût invisible : celui de votre disponibilité mentale.
On parle beaucoup des frais financiers.
On parle beaucoup moins du coût en temps.
Pourtant, celui-ci existe bel et bien.
Si une stratégie vous oblige à consacrer plusieurs heures chaque semaine à suivre les marchés, elle doit réellement apporter une valeur ajoutée importante pour justifier cet investissement personnel.
Dans beaucoup de situations, une allocation simple, diversifiée et disciplinée produit un meilleur rapport entre performance et temps consacré.
Le rendement d’un portefeuille ne devrait jamais être évalué indépendamment de l’énergie nécessaire pour le gérer.
Le temps libéré peut produire davantage de richesse ailleurs
C’est un point souvent sous-estimé.
Une heure passée à essayer d’améliorer le rendement de son portefeuille de quelques dixièmes de pourcent peut parfois rapporter beaucoup moins qu’une heure investie dans son activité professionnelle, sa formation ou son entreprise.
Pour beaucoup d’investisseurs, le meilleur moyen d’accroître leur patrimoine n’est pas de chercher le placement parfait.
C’est d’augmenter leur capacité d’épargne.
Or cette capacité dépend bien davantage de leurs revenus que d’une optimisation permanente de leur portefeuille.
Autrement dit, consacrer davantage de temps à développer votre capital humain peut produire beaucoup plus de richesse que d’essayer d’anticiper les prochains mouvements des marchés.
Le portefeuille ne travaille jamais complètement seul.
Il reste alimenté par votre capacité à créer de la valeur.
L’objectif n’est pas de penser moins à vos investissements
Il est de mieux y penser.
Il existe une différence importante entre consacrer peu de temps à l’investissement et consacrer ce temps intelligemment.
Lire un livre de référence aura souvent plus d’impact que plusieurs mois passés à suivre l’actualité économique quotidienne.
Construire une allocation adaptée à votre situation changera davantage votre patrimoine que des dizaines d’arbitrages réalisés sous l’effet de l’émotion.
Les investisseurs qui réussissent le mieux ne sont pas forcément ceux qui regardent le plus les marchés.
Ce sont souvent ceux qui ont suffisamment confiance dans leur méthode pour ne pas ressentir le besoin de vérifier chaque jour si elle fonctionne.
Cette sérénité ne s’improvise pas.
Elle se construit.
Le véritable luxe est peut-être de ne pas avoir à regarder les marchés
L’investissement devrait progressivement vous rendre plus libre. Pas plus dépendant.
Si votre portefeuille monopolise votre attention, génère une inquiétude permanente ou vous pousse à remettre en question votre stratégie à chaque baisse des marchés, il est peut-être temps de vous demander si le problème vient réellement des marchés… ou de votre façon d’investir.
L’objectif n’est pas de gagner chaque année.
L’objectif est de construire un patrimoine suffisamment robuste pour que votre temps puisse être consacré à ce qui compte vraiment : votre famille, votre travail, vos projets ou simplement votre vie.
Après tout, le rendement d’un portefeuille se mesure en euros. Celui du temps se mesure en qualité de vie.
Et c’est précisément ce que nous cherchons aussi à préserver chez Alti Patrimoine : un patrimoine qui travaille pour vous, sans accaparer votre temps, la ressource la plus précieuse.