Comment devenir un investisseur prospère ? Votre grand-mère le savait déjà

Grand-mère sait comment devenir un investisseur prospère

On présente souvent l’investissement comme une discipline complexe. Pour réussir, il faudrait comprendre les cycles économiques, suivre les banques centrales, analyser les entreprises, anticiper les crises géopolitiques ou encore détecter les secteurs d’avenir.

Tout cela peut avoir son utilité. Mais après plusieurs années passées à accompagner des investisseurs, j’observe une réalité beaucoup plus simple : les plus grosses erreurs ne viennent généralement pas d’un manque de connaissances financières.

Elles viennent d’un changement de comportement.

Des personnes parfaitement rationnelles dans leur vie quotidienne deviennent soudainement impulsives lorsqu’il est question de leur patrimoine.

Elles acceptent des risques qu’elles n’accepteraient jamais ailleurs. Elles recherchent des raccourcis auxquels elles ne croiraient pas dans leur carrière. Elles prennent des décisions sous le coup de l’émotion alors qu’elles savent parfaitement qu’il faut laisser le temps faire son travail.

C’est assez paradoxal.

Car les qualités qui permettent de réussir en investissement sont souvent exactement les mêmes que celles qui permettent de réussir dans la vie.

Et ces qualités, beaucoup d’entre nous ne les ont pas apprises dans un livre de finance.

Nous les avons apprises beaucoup plus tôt.

Nous changeons de repères dès qu’il est question d’argent

Lorsque vous réfléchissez à votre carrière, à votre santé ou à votre famille, vers qui vous tournez-vous spontanément ?

Vers les personnes qui vous connaissent.

Vers votre entourage.

Vers ceux dont l’expérience inspire confiance.

Depuis l’enfance, nous avons intégré un certain nombre de principes simples : les bonnes choses demandent du temps, le travail finit par payer, les promesses trop belles sont souvent trompeuses, il faut savoir garder son sang-froid lorsque les choses se compliquent.

Ces principes nous accompagnent toute notre vie.

Puis arrive l’investissement.

Et, presque sans nous en rendre compte, nous changeons complètement de référentiel.

Nous écoutons désormais les analystes financiers, les influenceurs, les chaînes d’information économique ou les vidéos qui promettent la prochaine action capable de doubler en quelques mois.

Ce phénomène est fascinant.

Comme si les règles qui avaient fonctionné pendant quarante ans devenaient soudainement inutiles dès qu’il est question de marchés financiers.

Pourtant, les marchés ne récompensent pas des qualités différentes.

Ils récompensent les mêmes.

L’investissement ne demande pas une nouvelle personnalité

Imaginez un instant que quelqu’un vous propose de devenir chirurgien en six mois.

Vous souririez probablement.

Si un entrepreneur vous promettait de bâtir une entreprise prospère sans effort, vous seriez tout aussi méfiant.

Dans la vie, nous savons intuitivement que les résultats importants prennent du temps.

Nous acceptons qu’il faille plusieurs années pour construire une carrière, développer une entreprise ou maîtriser un métier.

Pourquoi cette logique disparaît-elle lorsqu’il s’agit d’investir ?

Parce que l’argent agit comme un accélérateur d’émotions.

Il réveille notre cupidité lorsque tout monte.

Notre peur lorsque tout baisse.

Notre impatience lorsque les performances tardent à venir.

Notre regret lorsqu’un voisin semble gagner davantage.

Les marchés financiers ne changent pas notre personnalité.

Ils amplifient simplement certains traits qui étaient déjà présents.

C’est précisément pour cette raison que les qualités humaines deviennent plus importantes que les connaissances techniques.

Les leçons de votre grand-mère fonctionnent étonnamment bien en bourse

Je repense souvent aux principes que beaucoup d’entre nous ont entendus durant leur enfance.

À l’époque, ils servaient à apprendre à vivre.

Aujourd’hui, je constate qu’ils décrivent aussi remarquablement ce qu’est un bon investisseur.

« Sois patient. »

C’est probablement la qualité la plus rentable qui existe en investissement.

Les intérêts composés ont quelque chose de frustrant : ils paraissent presque insignifiants au début, puis deviennent extraordinaires avec le temps.

Les premières années, le portefeuille progresse surtout grâce à votre épargne.

Les années suivantes, les gains commencent à produire leurs propres gains.

Puis, après vingt ou trente ans, la croissance s’accélère de manière spectaculaire.

Le problème est que notre cerveau préfère une récompense immédiate à un bénéfice beaucoup plus important mais lointain.

Nous voulons des résultats visibles.

Les marchés, eux, récompensent ceux qui savent attendre.

« Ne sois pas avide. »

Chaque grande bulle financière raconte la même histoire.

La bulle internet.

Les valeurs technologiques en 2021.

Certaines cryptomonnaies.

Les sociétés qui promettaient de révolutionner leur secteur sans jamais gagner d’argent.

À chaque fois, les investisseurs savent que les valorisations deviennent excessives.

Pourtant, beaucoup continuent d’acheter.

Pourquoi ?

Parce que la peur de manquer une opportunité devient plus forte que la peur de perdre de l’argent.

La cupidité ne consiste pas seulement à vouloir gagner beaucoup.

Elle consiste à vouloir gagner vite.

C’est souvent à ce moment que les erreurs commencent.

« Ne sois pas craintif. »

La peur est l’autre face de la même pièce.

Lorsque les marchés baissent de 30 %, notre cerveau nous répète que cette fois est différente.

Pourtant, toutes les grandes crises semblaient différentes lorsqu’elles étaient en train de se produire.

La crise financière.

La pandémie.

L’inflation.

La remontée des taux.

À chaque épisode, les investisseurs avaient d’excellentes raisons de vendre.

Avec le recul, on constate pourtant que les marchés ont fini par retrouver de nouveaux sommets.

Cela ne signifie évidemment pas que chaque entreprise survivra.

En revanche, l’histoire montre qu’un portefeuille diversifié récompense généralement ceux qui acceptent de traverser les tempêtes.

« Travaille régulièrement. »

Cette leçon paraît presque banale.

Elle est pourtant au cœur de nombreuses réussites patrimoniales.

Investir chaque mois.

Rééquilibrer son portefeuille lorsque cela devient nécessaire.

Continuer malgré les périodes de doute.

Cette discipline paraît beaucoup moins séduisante qu’une stratégie capable de battre le marché en quelques semaines.

Mais lorsqu’on observe les patrimoines construits sur plusieurs décennies, ils sont rarement le résultat d’un coup de génie.

Ils sont le résultat d’une accumulation régulière de bonnes décisions.

Les marchés vivent de notre besoin d’agir

L’une des difficultés de l’investissement est qu’il existe une véritable industrie de l’attention.

Les médias financiers ont besoin d’actualité.

Les réseaux sociaux ont besoin de contenus.

Les courtiers gagnent davantage lorsque leurs clients passent des ordres.

Les créateurs de contenu doivent produire une nouvelle vidéo chaque semaine.

Le silence ne fait vivre personne.

Pourtant, le silence est parfois la meilleure décision qu’un investisseur puisse prendre.

Si vous possédez un portefeuille diversifié adapté à vos objectifs, il est possible que la meilleure décision du mois soit… de ne rien faire.

Cette idée paraît presque absurde.

Nous avons tendance à associer l’action à la compétence.

En investissement, cette intuition est souvent trompeuse.

Plusieurs études montrent d’ailleurs que les investisseurs les plus actifs obtiennent souvent de moins bons résultats que ceux qui interviennent peu sur leur portefeuille.

Non parce qu’ils choisissent de mauvais actifs.

Mais parce qu’ils changent constamment de stratégie.

Les meilleurs investisseurs ressemblent rarement aux plus bruyants

Lorsqu’on regarde les personnalités qui ont marqué durablement l’histoire de l’investissement, un point saute aux yeux.

Leur discours est souvent d’une simplicité déconcertante.

Ils parlent de patience.

De discipline.

De long terme.

De maîtrise des émotions.

À première vue, cela paraît presque décevant.

On aimerait découvrir une méthode secrète.

Une formule inconnue.

Un indicateur révolutionnaire.

À la place, on retrouve des principes qui ressemblent davantage à des conseils de vie.

Ce n’est probablement pas un hasard.

Investir ne consiste pas à prévoir l’avenir avec précision.

Il consiste surtout à prendre aujourd’hui des décisions suffisamment robustes pour traverser un avenir que personne ne connaît.

Cette nuance change beaucoup de choses.

Vous n’avez pas besoin d’être plus intelligent

Il existe une idée largement répandue selon laquelle les meilleurs investisseurs seraient ceux qui comprennent le mieux les marchés.

Je ne crois pas que ce soit la principale différence.

Bien sûr, il faut comprendre ce dans quoi l’on investit.

Mais une fois les bases acquises, la performance dépend souvent davantage du comportement que des connaissances.

Il est relativement simple d’apprendre ce qu’est un ETF mondial.

En revanche, continuer à l’acheter pendant une crise qui fait perdre 40 % à votre portefeuille est beaucoup plus difficile.

Il est facile de dire qu’il faut investir sur vingt ans.

Il est beaucoup plus compliqué de continuer après trois années décevantes.

La véritable compétence n’est donc pas uniquement intellectuelle.

Elle est émotionnelle.

Et si votre grand-mère avait finalement raison ?

Au fond, cet article ne parle pas vraiment des grands-mères.

Il parle de ce que nous faisons lorsque l’argent entre en jeu.

Pourquoi oublions-nous soudainement des principes qui nous ont pourtant permis de réussir dans tant d’autres domaines ?

Pourquoi cherchons-nous des raccourcis en investissement alors que nous savons qu’ils n’existent pas ailleurs ?

Pourquoi acceptons-nous des promesses que nous jugerions immédiatement irréalistes dans notre vie professionnelle ?

Plus j’accompagne des investisseurs, plus je suis convaincu que les meilleurs résultats proviennent rarement de décisions extraordinaires.

Ils naissent d’un petit nombre de principes appliqués avec constance pendant très longtemps.

La patience.

La modération.

La discipline.

L’humilité face à l’incertitude.

Ces qualités paraissent presque trop simples pour être efficaces.

Et c’est peut-être précisément pour cette raison qu’elles sont aussi souvent négligées.

Nous passons beaucoup de temps à chercher la prochaine méthode capable de battre les marchés. Pourtant, les fondations d’un investissement réussi ressemblent davantage à des règles de vie qu’à des formules financières.

Finalement, devenir un meilleur investisseur consiste peut-être moins à apprendre quelque chose de nouveau qu’à retrouver des principes que nous connaissions déjà, avant même de savoir ce qu’était la Bourse.

Chez Alti Patrimoine, notre rôle consiste souvent à transformer ces principes simples en décisions que l’on est capable de tenir, même lorsque les marchés nous donnent envie de faire exactement l’inverse.