10 chiffres qui peuvent changer votre retraite

10 chiffres qui peuvent changer votre vie

La plupart des investisseurs abordent la retraite par le mauvais bout. Ils cherchent d’abord le bon placement, le meilleur rendement ou le produit fiscalement le plus avantageux.

En pratique, ces questions arrivent beaucoup trop tôt.

Avant de choisir un investissement, il faut savoir ce que cet investissement devra accomplir. Combien devra-t-il produire ? À partir de quand ? Pendant combien de temps ? Et surtout, quelle marge d’erreur pouvez-vous vous permettre si tout ne se passe pas exactement comme prévu ?

J’ai souvent constaté qu’une fois ces éléments mis noir sur blanc, la retraite cesse d’être un sujet abstrait. Les décisions deviennent plus simples, parce qu’elles reposent enfin sur des objectifs chiffrés plutôt que sur des impressions.

Il ne s’agit pas de prédire l’avenir. Il s’agit de construire un cadre de réflexion suffisamment solide pour prendre de meilleures décisions aujourd’hui.

Voici les dix chiffres qui méritent d’être connus avant de penser aux performances de votre portefeuille.

1. Le coût actuel de votre vie

Tout commence ici.

Beaucoup de personnes connaissent leurs revenus, mais beaucoup moins leurs dépenses réelles. Or, la retraite ne remplace pas un salaire : elle doit financer un niveau de vie.

Une première estimation consiste à prendre votre revenu brut actuel et à retirer ce que vous épargnez déjà pour l’avenir (versements sur PER, PEE, investissements, etc.). Vous obtenez ainsi une approximation de votre coût de vie actuel, impôts compris.

Ce chiffre servira de point de départ à tous les autres calculs.

2. L’inflation que vous devrez affronter

L’inflation est probablement la variable la plus sous-estimée dans un projet de retraite.

Sur une seule année, quelques pourcents semblent anodins. Sur vingt ou trente ans, ils transforment complètement le niveau de revenus nécessaire pour conserver le même pouvoir d’achat.

Personne ne connaît le niveau exact de l’inflation future. En revanche, partir du principe qu’elle disparaîtra durablement serait une hypothèse particulièrement optimiste.

Vos besoins futurs devront donc être exprimés en euros de demain, pas en euros d’aujourd’hui.

3. Le nombre d’années qui vous séparent de la retraite

Cette date paraît simple à déterminer. Elle ne l’est pas toujours.

Certaines personnes arrêtent progressivement leur activité. D’autres prolongent leur carrière. D’autres encore sont contraintes de partir plus tôt que prévu.

Malgré cette incertitude, il faut choisir une échéance de travail.

Non parce qu’elle sera exacte, mais parce qu’un plan sans horizon est difficilement exploitable.

4. Vos dépenses la première année de retraite

C’est souvent le chiffre qui demande le plus de réflexion.

Certaines dépenses disparaîtront. D’autres augmenteront.

Vous aurez peut-être davantage de temps pour voyager, mais moins de frais liés aux déplacements professionnels. Les dépenses de santé évolueront probablement. Un déménagement est parfois envisagé. La fiscalité changera également.

Autrement dit, votre coût de vie futur ne sera probablement pas identique à celui d’aujourd’hui.

Plus cette estimation est réaliste, plus votre stratégie d’investissement aura des chances de répondre à votre véritable besoin.

5. Les revenus dont vous disposerez sans votre portefeuille

Votre patrimoine n’a pas vocation à financer seul votre retraite.

Il faut d’abord recenser les revenus sur lesquels vous pourrez compter indépendamment de vos investissements :

  • votre pension de retraite ;
  • une éventuelle pension complémentaire ;
  • des revenus locatifs ;
  • d’autres revenus récurrents.

En revanche, les intérêts, dividendes ou retraits issus de votre portefeuille ne doivent pas être intégrés à ce stade.

Ils constituent précisément la partie qu’il reste à construire.

6. Le revenu que votre portefeuille devra produire

Ce calcul est généralement très simple.

Vous connaissez désormais :

  • vos dépenses prévues ;
  • vos revenus garantis.

La différence correspond au revenu que devra générer votre patrimoine.

À partir de ce moment-là, la réflexion change complètement.

Vous ne cherchez plus « combien peut rapporter mon portefeuille ». Vous savez désormais ce qu’il devra produire pour atteindre votre objectif.

7. Le capital nécessaire

Une fois le besoin annuel connu, il devient possible d’estimer le patrimoine nécessaire.

Une règle fréquemment utilisée consiste à considérer qu’un portefeuille diversifié permettrait, dans certaines conditions, de retirer environ 4 % de sa valeur chaque année sans épuiser prématurément le capital.

Cette règle n’est pas une loi de la finance. Elle dépend de nombreux paramètres : composition du portefeuille, durée de la retraite, rendements futurs ou encore inflation.

Elle constitue néanmoins un ordre de grandeur utile.

En multipliant votre besoin annuel par 25, vous obtenez une première estimation du capital à constituer.

Si le résultat paraît très élevé, inutile de conclure immédiatement que votre objectif est inaccessible.

Ce calcul permet surtout d’identifier l’écart à combler, afin d’agir sur les variables réellement maîtrisables : durée d’investissement, capacité d’épargne, niveau de dépenses ou âge de départ.

8. Votre patrimoine financier actuel

Il est ensuite nécessaire de savoir d’où vous partez.

Dans cet exercice, il est préférable de distinguer le patrimoine financier réellement mobilisable des actifs moins liquides, comme la résidence principale ou certains investissements immobiliers difficiles à céder rapidement.

Ce chiffre permet de mesurer le chemin restant à parcourir.

Sans lui, impossible d’évaluer si votre stratégie actuelle est suffisante.

9. Votre effort d’épargne annuel

L’épargne constitue souvent le principal moteur de constitution du patrimoine durant les premières années.

Plus votre capacité d’épargne est élevée, moins votre réussite dépend exclusivement des performances des marchés.

À l’inverse, lorsque l’effort d’épargne devient limité, les rendements prennent progressivement davantage d’importance.

Connaître précisément ce montant permet de déterminer si votre trajectoire actuelle est cohérente avec votre objectif de retraite.

10. Le rendement nécessaire

Ce chiffre est souvent celui qui attire le plus l’attention.

Pourtant, c’est probablement celui sur lequel vous exercez le moins de contrôle.

Les marchés ne signeront jamais un contrat vous garantissant un rendement annuel déterminé pendant vingt ans.

Si vos calculs montrent qu’il vous faudrait obtenir 15 % par an de manière régulière pour atteindre votre objectif, ce n’est généralement pas un problème de placement.

C’est le signal que le projet repose sur des hypothèses trop optimistes.

À l’inverse, si le rendement nécessaire reste raisonnable, votre stratégie devient beaucoup plus robuste face aux aléas des marchés.

Ces chiffres ne prédisent pas votre avenir

L’objectif de cet exercice n’est pas de produire une prévision parfaite.

Il consiste à transformer une idée vague — « préparer ma retraite » — en un plan concret.

Naturellement, certains calculs sont relativement simples. D’autres demandent des hypothèses sur la fiscalité, l’inflation, les retraits futurs ou la composition du portefeuille. Ce sont précisément ces hypothèses qui méritent d’être discutées, car quelques erreurs d’estimation peuvent modifier sensiblement la stratégie à mettre en place.

C’est aussi la raison pour laquelle beaucoup d’investisseurs gagnent à faire relire leurs calculs, même sans rechercher un accompagnement permanent. Un regard extérieur permet souvent d’identifier des hypothèses oubliées, des incohérences ou des risques qui passent facilement inaperçus lorsque l’on construit seul son propre plan.

Ces dix chiffres ne changeront pas votre vie par eux-mêmes. Ils changent surtout la qualité des décisions que vous prendrez ensuite.

Et c’est précisément ce qu’Alti Patrimoine cherche à apporter à ses clients : non pas trouver le placement miracle, mais les orienter vers de bonnes décisions, afin d’éviter que leur projet d’investissement ne repose sur des hypothèses fragiles.