
Pourquoi certains investisseurs traversent-ils les crises avec sérénité alors que d’autres paniquent au moindre recul des marchés ?
La réponse ne tient pas à leur intelligence, à leur niveau d’études ou à leur capacité à prévoir l’avenir. D’ailleurs, personne ne prédit les marchés de manière fiable sur la durée.
La véritable différence réside souvent dans leurs habitudes.
Les performances exceptionnelles sont rarement le fruit d’un coup de génie. Elles résultent plutôt d’une succession de décisions cohérentes prises pendant des années, parfois des décennies. Les meilleurs investisseurs ne cherchent pas à être brillants tous les jours. Ils cherchent surtout à éviter les erreurs qui coûtent cher.
Stephen Covey, dans son célèbre ouvrage Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent, expliquait que nos résultats découlent directement de nos habitudes quotidiennes. Cette idée s’applique parfaitement au monde de l’investissement.
La plupart des épargnants pensent que leur réussite dépendra du prochain placement à la mode, du bon timing ou du prochain krach. En réalité, leur avenir financier dépend beaucoup plus de leur comportement que de leurs capacités d’analyse.
Trois habitudes, en particulier, reviennent systématiquement chez les investisseurs qui construisent un patrimoine solide au fil du temps.
1. Ils prennent la responsabilité de leurs décisions
Il existe deux catégories d’investisseurs.
Les premiers considèrent que leurs résultats dépendent des marchés, des banques, des médias, des conseillers ou de la conjoncture économique.
Les seconds partent d’un principe beaucoup plus simple : ils ne contrôlent pas les marchés, mais ils contrôlent leurs décisions.
Cette différence paraît anodine. Elle change pourtant tout.
Lorsqu’un portefeuille perd 20 %, beaucoup cherchent immédiatement un responsable. Les informations étaient mauvaises. Le conseiller s’est trompé. Les marchés sont irrationnels. La banque aurait dû prévenir.
Bien sûr, personne n’apprécie de voir son patrimoine diminuer temporairement. Mais rejeter systématiquement la faute sur les autres empêche surtout de progresser.
Chaque investissement est une décision personnelle.
Vous pouvez écouter les analyses des économistes, consulter votre conseiller, lire des études ou échanger avec d’autres investisseurs. Toutes ces sources sont utiles. Mais au moment d’investir, une seule personne appuie sur le bouton : vous.
Les investisseurs les plus expérimentés l’ont parfaitement compris.
Ils savent qu’ils feront parfois de mauvais choix. Ils savent également qu’ils traverseront des périodes où, malgré une excellente stratégie, les marchés évolueront contre eux.
Ils ne cherchent donc pas à avoir toujours raison.
Ils cherchent à construire un processus suffisamment robuste pour que quelques erreurs ne remettent jamais leur avenir financier en question.
Cette nuance est essentielle.
Beaucoup d’investisseurs débutants consacrent une énergie considérable à vouloir sélectionner l’action parfaite. Les investisseurs expérimentés, eux, passent davantage de temps à réfléchir aux conséquences si leur analyse s’avère fausse.
C’est précisément cette approche qui conduit naturellement à diversifier son portefeuille, à limiter les risques excessifs et à conserver une marge de sécurité.
Être responsable de ses décisions ne signifie donc pas croire que l’on maîtrise tout.
Au contraire.
Cela consiste à reconnaître que l’incertitude fait partie intégrante de l’investissement et qu’il faut construire une stratégie capable d’y résister.
Cette manière de penser procure un avantage psychologique considérable. Au lieu de subir les marchés, on retrouve une forme de contrôle sur ce qui dépend réellement de nous : notre comportement.
2. Ils investissent pour leurs objectifs, pas pour battre les marchés
Lorsque l’on demande à quelqu’un pourquoi il investit, la réponse est presque toujours la même.
« Pour gagner de l’argent. »
La réponse paraît logique… mais elle est incomplète.
L’argent n’est jamais une finalité.
Il n’est qu’un moyen.
Personne n’investit simplement pour regarder son portefeuille augmenter sur un écran.
On investit pour financer des projets de vie.
Acheter sa résidence principale.
Préparer les études des enfants.
Pouvoir réduire son activité professionnelle quelques années plus tôt.
Compléter sa retraite.
Transmettre un patrimoine.
Ou simplement acquérir davantage de liberté dans ses choix futurs.
Ces objectifs changent complètement la manière d’investir.
Prenons deux investisseurs possédant exactement le même capital.
Le premier souhaite acheter une maison dans trois ans.
Le second prépare sa retraite dans vingt-cinq ans.
Peuvent-ils investir de la même façon ?
Évidemment non.
Le premier ne peut pas se permettre une forte exposition aux actions juste avant son achat immobilier. Une baisse importante des marchés pourrait compromettre son projet.
Le second, au contraire, dispose encore de plusieurs décennies devant lui. Les fluctuations à court terme ont beaucoup moins d’importance. Elles peuvent même devenir des opportunités d’investissement.
C’est pourquoi les meilleurs investisseurs commencent toujours par définir leurs objectifs avant de choisir leurs placements.
Ils ne demandent pas :
« Quel est le meilleur investissement aujourd’hui ? »
Ils se demandent plutôt :
« De quel argent aurai-je besoin ? Quand en aurai-je besoin ? Et quel niveau de risque suis-je capable d’accepter pour y parvenir ? »
Cette réflexion paraît simple.
Pourtant, elle évite une grande partie des erreurs classiques.
Combien d’épargnants investissent leur apport immobilier en actions quelques mois avant une acquisition ?
Combien cherchent des rendements élevés alors qu’ils auront besoin de leur capital dans moins de deux ans ?
À l’inverse, combien laissent dormir pendant trente ans une épargne destinée à leur retraite sur un compte rémunéré à peine au-dessus de l’inflation ?
Ces erreurs ne proviennent pas d’un manque de connaissances financières.
Elles proviennent d’un manque de planification.
L’investissement ressemble davantage à un voyage qu’à une course de vitesse.
Sans destination clairement définie, il devient très difficile de choisir la bonne route.
Les investisseurs prospères gardent donc toujours leur objectif en ligne de mire.
Les performances annuelles les intéressent, bien sûr. Mais elles restent secondaires.
Ce qui compte réellement est de savoir si leur stratégie les rapproche progressivement de la vie qu’ils souhaitent construire.
3. Ils donnent la priorité à ce qui compte vraiment
Une erreur fréquente consiste à croire qu’il existe un portefeuille idéal valable pour tout le monde.
En réalité, il n’existe que des portefeuilles adaptés… ou inadaptés.
Le bon investissement dépend toujours de votre situation, de votre horizon de placement et de vos besoins futurs.
C’est une évidence que beaucoup d’épargnants oublient.
Les marchés financiers proposent chaque jour de nouvelles opportunités. Les médias parlent de la dernière action en vogue, d’un secteur prometteur ou d’une innovation susceptible de révolutionner l’économie. Tout cela est passionnant. Mais ces informations ne répondent jamais à la question essentielle : cet investissement est-il pertinent pour vous ?
Un investisseur qui prévoit d’utiliser son épargne dans douze mois ne devrait pas prendre les mêmes risques que celui qui investit pour dans trente ans.
À l’inverse, une personne qui prépare sa retraite dans plusieurs décennies commettrait une erreur en privilégiant exclusivement des placements très sécurisés. À force de vouloir éviter toute volatilité, elle risque surtout de voir son pouvoir d’achat s’éroder sous l’effet de l’inflation.
La gestion d’un patrimoine consiste donc à faire correspondre chaque euro investi avec son futur usage.
Cette logique conduit naturellement à hiérarchiser ses objectifs.
L’argent destiné à financer un projet immobilier dans deux ans n’a pas vocation à être investi de la même manière que celui destiné à compléter une retraite dans vingt-cinq ans.
De la même façon, une réserve de sécurité ne doit jamais être confondue avec une épargne de long terme.
Ces distinctions paraissent élémentaires. Pourtant, elles évitent de nombreuses erreurs.
On voit régulièrement des investisseurs placer leur apport immobilier en actions quelques mois avant la signature chez le notaire, dans l’espoir d’obtenir quelques points de performance supplémentaires.
Lorsque les marchés montent, cette décision semble brillante.
Lorsqu’ils baissent brutalement, le projet immobilier lui-même peut être remis en cause.
À l’inverse, d’autres refusent toute prise de risque pendant vingt ou trente ans, laissant leur patrimoine progresser beaucoup moins vite qu’il aurait pu.
Dans les deux cas, le problème n’est pas le placement.
C’est l’absence de cohérence entre le placement et l’objectif poursuivi.
Les investisseurs prospères ne cherchent donc pas le rendement maximal à tout prix.
Ils recherchent le rendement adapté à chacun de leurs projets.
Cette approche paraît moins spectaculaire.
Elle est pourtant beaucoup plus efficace sur plusieurs décennies.
Les habitudes comptent davantage que les prédictions
Chaque année, des dizaines de prévisions annoncent le prochain krach, la prochaine envolée des marchés ou le secteur qui dominera la décennie.
Certaines finiront par se réaliser.
La plupart seront oubliées quelques mois plus tard.
Le paradoxe est que ces prédictions ont finalement peu d’importance pour un investisseur discipliné.
Car son succès ne dépend pas de sa capacité à deviner l’avenir.
Il dépend surtout de sa capacité à adopter les bons comportements lorsque l’avenir reste incertain.
Épargner régulièrement.
Diversifier son patrimoine.
Conserver une vision de long terme.
Rééquilibrer son portefeuille lorsque cela devient nécessaire.
Résister à la panique pendant les périodes difficiles.
Éviter l’euphorie lorsque tout semble facile.
Ces habitudes sont beaucoup moins séduisantes qu’une promesse de gains rapides.
Elles sont également beaucoup plus efficaces.
L’histoire des marchés financiers montre que les investisseurs les plus performants ne sont pas ceux qui réalisent les meilleurs coups.
Ce sont ceux qui accumulent, année après année, une multitude de bonnes décisions… tout en évitant les quelques très mauvaises.
Autrement dit, la réussite financière repose rarement sur un exploit.
Elle repose davantage sur la constance.
En conclusion
Nous passons souvent beaucoup de temps à rechercher le meilleur placement, le meilleur fonds ou la meilleure opportunité du moment.
C’est une démarche compréhensible.
Mais avant de chercher le meilleur investissement, il est souvent plus utile de développer les meilleures habitudes.
Prendre la responsabilité de ses décisions.
Investir en fonction d’objectifs clairement définis.
Adapter son portefeuille à ses véritables priorités plutôt qu’aux modes du moment.
Ces trois principes paraissent simples.
Ils le sont.
Mais comme souvent en investissement, ce sont les principes les plus simples qui sont aussi les plus difficiles à appliquer avec constance.
La différence entre un investisseur chanceux et un investisseur prospère ne réside pas dans une décision exceptionnelle prise un jour. Elle se construit à travers des centaines de décisions ordinaires, répétées avec discipline pendant de nombreuses années.
Et c’est précisément cette discipline qui transforme progressivement une stratégie d’investissement en véritable stratégie patrimoniale.
Chez Alti Patrimoine, l’accompagnement consiste justement à faire en sorte que chaque décision s’inscrive dans une trajectoire cohérente, plutôt que de répondre aux seules fluctuations des marchés.