Nous sommes les choix que nous faisons

Nous sommes les choix que nous faisons

Nous sommes les choix que nous faisons.

La formule est séduisante. Elle sonne presque comme une citation que l’on partage sans vraiment y réfléchir. Pourtant, plus j’accompagne des investisseurs, plus je me dis qu’elle décrit une réalité bien plus profonde qu’il n’y paraît.

Nous aimons croire que notre vie est façonnée par quelques grands événements : une promotion, un licenciement, un mariage, une crise financière, un héritage, une vente d’entreprise. Ces moments existent, bien sûr. Ils peuvent modifier une trajectoire.

Mais ils sont rarement ce qui explique les plus grands écarts entre deux personnes.

Les différences se creusent ailleurs, beaucoup plus discrètement. Elles naissent de centaines de petites décisions qui, prises individuellement, semblent presque insignifiantes.

Personne ne transforme sa santé avec une seule séance de sport.

Personne ne construit un patrimoine avec un seul versement.

Personne ne détruit sa retraite avec une unique mauvaise décision.

En revanche, répétez le même choix pendant dix, vingt ou trente ans, et les conséquences deviennent considérables.

C’est précisément ce qui rend les choix difficiles : leurs conséquences arrivent rarement tout de suite.

Nous ressentons immédiatement l’effort de mettre de l’argent de côté. Nous ne ressentons pas immédiatement les bénéfices de cette épargne.

Nous ressentons immédiatement la frustration de renoncer à un achat. Les intérêts composés, eux, mettent parfois dix ou quinze ans avant de devenir visibles.

Nous ressentons immédiatement l’inconfort de rester investi pendant une crise boursière. La récompense n’arrive souvent que plusieurs années plus tard.

Notre cerveau fonctionne pourtant dans l’autre sens. Il accorde naturellement beaucoup plus d’importance aux conséquences immédiates qu’aux bénéfices lointains. C’est une réaction profondément humaine. Pendant des milliers d’années, survivre nécessitait de résoudre les problèmes du présent, pas de préparer ceux de dans vingt ans.

Or, investir consiste précisément à faire l’inverse.

Le vrai rendement vient souvent des décisions les plus banales

Lorsque quelqu’un commence à investir, il pose presque toujours les mêmes questions.

Quel ETF choisir ?

Quelle action acheter ?

Est-ce le bon moment ?

Faut-il attendre une baisse ?

Ces questions sont légitimes. Elles sont aussi, dans bien des cas, secondaires.

Les meilleurs investisseurs que je rencontre ne passent pas leur temps à chercher le placement parfait. Ils prennent surtout une succession de décisions raisonnables qu’ils répètent inlassablement.

Ils épargnent tous les mois.

Ils gardent une partie de leur patrimoine investie malgré les crises.

Ils évitent de modifier leur portefeuille à chaque nouvelle économique.

Ils acceptent de ne pas prévoir l’avenir.

Ils consacrent davantage d’énergie à leur comportement qu’à leurs prévisions.

Ce sont des décisions extraordinairement ordinaires.

Et pourtant, elles produisent souvent davantage de richesse qu’une succession de paris brillants.

Il existe d’ailleurs une forme d’ironie dans l’investissement.

Beaucoup de personnes passent des dizaines d’heures à rechercher le meilleur ETF, capable de battre un autre de quelques dixièmes de pourcentage par an. Dans le même temps, elles repoussent leur premier investissement de plusieurs mois, parfois de plusieurs années.

Or, ce délai coûte souvent beaucoup plus cher que la différence entre les deux ETF.

Nous accordons parfois énormément d’énergie aux décisions spectaculaires, tout en négligeant celles qui comptent réellement.

Les intérêts composés ne concernent pas seulement l’argent

On présente souvent les intérêts composés comme la huitième merveille du monde.

C’est vrai pour le capital.

Mais ils existent aussi dans nos comportements.

Une personne qui lit vingt pages par jour ne paraît pas différente des autres au bout d’une semaine. Dix ans plus tard, l’écart devient immense.

Celui qui marche trente minutes chaque matin n’a pas une meilleure santé après trois jours. Après vingt ans, les conséquences sont beaucoup plus visibles.

L’investisseur qui verse quelques centaines d’euros chaque mois ne devient pas riche la première année. Pourtant, au bout de plusieurs décennies, ce sont parfois ces versements réguliers qui expliquent l’essentiel de son patrimoine.

Les comportements composent.

Les habitudes composent.

Les décisions composent.

Nous avons tendance à sous-estimer ce phénomène parce que nous observons le monde à travers des événements, alors que la plupart des résultats proviennent de processus.

Ce que nous appelons parfois « avoir de la chance » n’est rien d’autre que l’accumulation silencieuse de bonnes décisions.

À l’inverse, les mauvaises trajectoires proviennent rarement d’une catastrophe isolée.

Elles commencent souvent par des compromis qui paraissent anodins.

Reporter l’épargne au mois prochain.

Acheter un peu plus que nécessaire.

Prendre davantage de risques parce que « cette fois, c’est différent ».

Vendre sous l’effet de la peur.

Repousser encore la mise en place d’une stratégie.

Une seule de ces décisions ne change presque rien.

Leur accumulation, en revanche, finit par produire un résultat très différent.

Choisir, c’est souvent renoncer

Nous parlons beaucoup des avantages d’une décision.

Beaucoup moins de ce à quoi elle nous oblige à renoncer.

Chaque euro dépensé est un euro qui ne pourra plus produire de rendement pendant plusieurs décennies.

Chaque heure passée à améliorer ses compétences est une heure qui ne sera pas consacrée à autre chose.

Chaque investissement réalisé signifie aussi renoncer à tous ceux que l’on n’a pas choisis.

Cette idée paraît évidente. Pourtant, elle est rarement intégrée.

Investir consiste moins à sélectionner les bonnes opportunités qu’à accepter les renoncements qu’elles impliquent.

Choisir la diversification, c’est renoncer à la possibilité de réaliser le meilleur rendement absolu.

Choisir un ETF mondial, c’est accepter de ne pas concentrer son patrimoine sur le pays ou le secteur qui explosera peut-être demain.

Choisir une stratégie simple, c’est renoncer au plaisir intellectuel de croire que l’on peut constamment faire mieux que le marché.

Ces renoncements sont parfois frustrants.

Mais ils constituent souvent le prix de la sérénité.

Nous confondons souvent intelligence et qualité des décisions

Un autre piège consiste à croire que les meilleurs investisseurs sont ceux qui prennent les décisions les plus complexes.

L’expérience montre plutôt l’inverse.

Les stratégies les plus sophistiquées ne sont pas toujours les plus performantes.

Parce qu’une bonne décision n’est pas nécessairement la plus brillante.

C’est celle que l’on est capable d’appliquer pendant vingt ans.

Beaucoup d’investisseurs élaborent des portefeuilles remarquablement construits… qu’ils abandonnent à la première crise.

À quoi sert une stratégie théoriquement parfaite si elle est psychologiquement impossible à suivre ?

À l’inverse, une stratégie imparfaite mais appliquée avec une grande discipline produira souvent de meilleurs résultats.

C’est une idée qui dérange.

Nous préférons croire que la performance provient de connaissances techniques toujours plus poussées.

En réalité, elle provient souvent d’une qualité beaucoup moins spectaculaire : la constance.

Les meilleurs choix sont rarement agréables sur le moment

Il existe un point commun entre la plupart des bonnes décisions.

Elles procurent un inconfort immédiat.

Épargner demande de consommer moins.

Investir pendant une crise oblige à acheter lorsque tout paraît inquiétant.

Ne rien faire pendant que les marchés s’agitent demande davantage de maîtrise que d’agir.

Accepter de ne pas suivre la dernière mode financière donne parfois l’impression de manquer une opportunité.

À court terme, les mauvais choix sont souvent plus confortables.

Ils évitent l’effort.

Ils procurent une gratification immédiate.

Ils donnent l’impression de reprendre le contrôle.

Le problème est que le confort d’aujourd’hui devient souvent la difficulté de demain.

À l’inverse, l’effort d’aujourd’hui devient fréquemment la liberté de demain.

Cette logique dépasse largement le cadre de l’investissement.

Elle concerne la santé.

Les relations.

Le travail.

La manière dont nous utilisons notre temps.

Au fond, la plupart des domaines importants de la vie récompensent ceux qui acceptent de supporter un inconfort limité aujourd’hui pour obtenir un bénéfice beaucoup plus important plus tard.

Ce que cela change pour un investisseur

Si cette réflexion est juste, alors notre manière d’investir change profondément.

Le sujet n’est plus de savoir si le marché sera plus haut dans six mois.

Il est de savoir quelles décisions nous sommes capables de répéter pendant trente ans.

Sommes-nous capables d’investir régulièrement, même lorsque l’actualité est inquiétante ?

Sommes-nous capables de conserver une stratégie lorsque tout le monde affirme qu’elle ne fonctionne plus ?

Sommes-nous capables de reconnaître une erreur sans remettre en cause tout notre processus ?

Sommes-nous capables d’accepter que certaines années soient décevantes sans abandonner notre plan ?

Finalement, investir consiste moins à prédire qu’à persévérer.

Les marchés récompensent rarement ceux qui prévoient le mieux.

Ils récompensent beaucoup plus souvent ceux qui restent suffisamment longtemps pour laisser le temps travailler à leur place.

Une vie est aussi un portefeuille de décisions

Je trouve qu’il existe une analogie intéressante entre un patrimoine financier et une existence.

Un patrimoine est composé d’une multitude d’actifs.

Une vie est composée d’une multitude de décisions.

Certaines prendront beaucoup de valeur.

D’autres seront des erreurs.

Quelques-unes auront un impact considérable.

La plupart seront modestes.

Ce n’est pas grave.

Comme en investissement, personne n’a besoin d’avoir raison à chaque fois.

Il suffit que les bonnes décisions soient suffisamment nombreuses, suffisamment cohérentes et suffisamment répétées pour que la trajectoire finisse par s’améliorer.

C’est probablement ce qui rend cette phrase si juste.

Nous ne sommes pas uniquement le résultat de ce qui nous arrive.

Nous sommes aussi, et peut-être surtout, le résultat des arbitrages que nous faisons lorsque personne ne nous regarde.

Les choix que nous faisons lorsque rien ne semble se jouer.

Ceux qui paraissent insignifiants aujourd’hui.

Parce que ce sont précisément eux qui, avec le temps, finissent par dessiner notre patrimoine, notre liberté… et, d’une certaine manière, la personne que nous devenons.

Et si vous faisiez le choix d’Alti Patrimoine pour réhausser votre trajectoire actuelle ?